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Château de Mâlain en Côte-d'or

Côte-dor

Château de Mâlain

    10 Rue Mialet
    21410 Mâlain

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1000
Construction du premier château
1075
Premier seigneur connu
1197
Charte ecclésiastique
1285
Cession par Philippe le Bel
1522
Héritage de Jacques de Mâlain
12 mai 1593
Pillage par les Ligueurs
1686
Rachat par Nicolas II Brûlart
1763
Ruines sur la carte de Cassini
depuis 1985
Restauration par le GAM
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Guido de Mediolano - Seigneur vers 1075 Premier seigneur connu du château.
Hervé de Sombernon - Seigneur en 1230 Vassal du roi et du duc.
Jeanne de Montagu - Héritière au XVe siècle Partie du château relevée plus tard.
Jacques de Mâlain - Seigneur en 1522 Hérite du château de son frère.
Nicolas II Brûlart - Acquéreur en 1686 Marquis et président au parlement.

Origine et histoire

Le château de Mâlain est une ancienne place forte ducale érigée au XIe siècle, puis profondément remaniée au XVIe siècle. Situé sur une arête rocheuse au nord-ouest du village de Mâlain (Côte-d'Or), il surplombe la ligne de faille locale. Son origine médiévale en fait un témoin des dynamiques féodales bourguignonnes, entre allégeances royales et ducales.

Le premier château fort, daté de l’an 1000, est associé à Guido de Mediolano, premier seigneur connu vers 1075. Une charte de 1197 révèle des liens étroits entre l’abbaye de Saint-Seine et la chapelle castrale, partageant les revenus ecclésiastiques. Au XIIIe siècle, le château devient un enjeu politique : Hervé de Sombernon le tient en fief du roi de France tout en jurant fidélité au duc de Bourgogne. En 1285, Philippe le Bel le cède à Robert II, marquant son intégration dans les stratégies territoriales capétiennes.

Au XVe siècle, le château passe aux mains de Jeanne et Catherine de Montagu, héritières de leur oncle. Trente ans plus tard, la partie de Jeanne relève des seigneurs de Sée et Rougemont. En 1522, Jacques de Mâlain en hérite de son frère Guillaume. Le 12 mai 1593, les Ligueurs le pillent et endommagent gravement ses structures. Malgré des restaurations partielles, comme celle entreprise par Nicolas II Brûlart en 1686, le château est déjà en ruines en 1763, comme l’atteste la carte de Cassini.

L’architecture du château reflète ses transformations successives. La basse-cour, divisée par un mur central, s’accède depuis le XVIe siècle par des chemins sinueux. La moitié est, reconstruite à la Renaissance, conserve des élévations imposantes, tandis que la moitié ouest, convertie en jardin, ne montre plus que les vestiges des XIIe et XIIIe siècles. Le corps de logis de Guillaume de Mâlain, flanqué d’une tour de guet médiévale (1200) et d’une tour demi-ronde, illustre cette dualité stylistique. Un escalier monumental taillé dans la roche desservait autrefois le donjon et une salle de réception.

Le site abrite aussi des traces de l’an mil : une terrasse arasée à l’extrémité de l’éperon rocheux, construite au-dessus du trou du Diable, une grotte karstique occupée depuis le néolithique et utilisée comme bergerie au XIIe siècle. Ces strates archéologiques soulignent la continuité d’occupation du lieu, des premières communautés néolithiques aux seigneurs médiévaux.

Depuis 1985, le Groupe archéologique du Mesmontois (GAM) restaure le château, en parallèle de ses fouilles sur la bourgade gallo-romaine de Mediolanum (site de La Boussière). La Fondation du patrimoine soutient ces travaux depuis 2006, avec sept tranches de restauration achevées. Ces efforts visent à préserver à la fois le bâti médiéval et la grotte préhistorique, témoignant de la richesse historique du site.

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