Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Château de Rougemont dans l'Ain

Ain

Château de Rougemont

    200 Rue sur Charrière
    01110 Aranc

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1144
Premier seigneur cité
1366
Droit de justice accordé
1513
Fin du procès successoral
1601
Rattachement à la France
1613
Vente aux Grenaud
1696
Titre de marquis
1776
Ruines signalées
1795
Aliénation révolutionnaire
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Guillaume de Rougemont - Premier seigneur connu (1150) Chevalier, fondateur de la lignée.
Amé de Rougemont - Seigneur en 1366 Obtient droit de justice sur Rougemont.
Antoine de Rougemont - Seigneur vers 1510 Gagne le procès successoral familial.
Jean de Grenaud - Nouveau propriétaire (1613) Achète la seigneurie après les Rougemont.
Joseph de Grenaud - Marquis de Rougemont (1696) Anobli par Louis XIV pour services.
Louis Honoré de Montillet de Grenaud - Dernier marquis (mort en 1805) Signale la ruine du château en 1776.

Origine et histoire

Le château de Rougemont, mentionné dès le Moyen Âge sous le nom de Rogemont, est une maison forte du XIIe siècle aujourd’hui en ruines, située à Aranc (Ain). Construit sur une proéminence dominant le hameau éponyme, il appartenait à la seigneurie de Rougemont dans l’ancienne province du Bugey, alors sous dépendance des États de Savoie. Le traité de Lyon (1601) rattache le Bugey — et donc Rougemont — au royaume de France sous Henri IV. Le site, stratégique, était ceint de deux enceintes et comprenait une tour, comme en attestent les vestiges encore visibles.

La seigneurie de Rougemont est d’abord détenue par la famille de Rougemont (1150–1613), vassale successive des Coligny, Thoire-Villars et Savoie. Guillaume de Rougemont, chevalier cité en 1150, en est le premier seigneur connu. En 1366, Amé de Rougemont obtient le droit d’exercer la justice moyenne et basse sur ses terres. La seigneurie passe ensuite aux Grenaud (1613–1710), puis aux Montillet de Grenaud (1710–1795). Jean de Grenaud, premier propriétaire post-1601, relève alors du duché de Bourgogne. Son descendant, Joseph, est anobli marquis de Rougemont par Louis XIV en 1696.

Au XVIIIe siècle, le château se dégrade : en 1776, Louis Honoré de Montillet de Grenaud, dernier marquis, signale des vols de pierres et de bois par des ouvriers locaux pour rénover une maison forte voisine. La Révolution française achève sa ruine, le domaine étant aliéné comme bien national. Les vestiges actuels — muraille est, excavation circulaire d’une tour, voûte ouest — laissent deviner un édifice de 1 700 m2 avec chapelle, appartements seigneuriaux et 24 maisons pour le personnel.

Les archives révèlent une architecture défensive et résidentielle : deux étages, escalier à vis dans la tour (réparé en 1626), cheminées et cabinet d’archives. La chapelle, au deuxième étage, communiquait avec les appartements. Les travaux de 1626, menés par les maçons Pierre Berlioz et Jacquemin Tillier, confirment la présence d’un corps de logis et d’une muraille de 7 pieds d’épaisseur. Le plan cadastral de 1838 atteste encore deux tours.

Au XXIe siècle, une famille homonyme des anciens seigneurs, Rougemont de Bourg-en-Bresse, acquiert les ruines dans l’optique d’une restauration. Le site, classé au patrimoine local, illustre les mutations politiques du Bugey — de la Savoie à la France — et l’évolution architecturale des maisons fortes médiévales en maisons seigneuriales d’Ancien Régime.

Liens externes