Crédit photo : François Sicard (1862–1934) Autres noms François-L - Sous licence Creative Commons
Frise chronologique
1848
Plantation du cèdre de l’Atlas
Plantation du cèdre de l’Atlas
1848 (≈ 1848)
Arbre marquant l’emplacement futur des tombes.
1897
Inhumation de Paul-Benjamin Clemenceau
Inhumation de Paul-Benjamin Clemenceau
1897 (≈ 1897)
Père de Georges, enterré au Colombier.
24 novembre 1929
Décès de Georges Clemenceau
Décès de Georges Clemenceau
24 novembre 1929 (≈ 1929)
À Paris, à 88 ans.
25 novembre 1929
Inhumation à Mouchamps
Inhumation à Mouchamps
25 novembre 1929 (≈ 1929)
Sans cérémonie, selon ses volontés.
15 juillet 1998
Classement Monument historique
Classement Monument historique
15 juillet 1998 (≈ 1998)
Protection des tombes et de la stèle.
2013
Tag de la stèle avant visite de Valls
Tag de la stèle avant visite de Valls
2013 (≈ 2013)
Acte politique contre le gouvernement.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
La tombe de Georges Clemenceau, la tombe de Paul-Benjamin Clemenceau son père, la stèle à l'effigie de Minerve, l'allée d'accès (cad. ZN 81) : inscription par arrêté du 15 juillet 1998
Personnages clés
| Georges Clemenceau - Homme politique, président du Conseil |
Propriétaire, testateur du site funéraire. |
| Paul-Benjamin Clemenceau - Médecin, père de Georges |
Premier inhumé au Colombier en 1897. |
| François Sicard - Sculpteur |
Auteur de la stèle de Minerve. |
| Charles de Gaulle - Général puis président |
Visita la tombe en 1946. |
| Emmanuel Macron - Président de la République |
S’y recueillit en 2016 et 2018. |
| Manuel Valls - Premier ministre |
Visite en 2013 après tag politique. |
Origine et histoire
La tombe de Georges Clemenceau (1841-1929) est située à Mouchamps, en Vendée, à côté de celle de son père, Paul-Benjamin Clemenceau. Ces sépultures, inscrites aux Monuments historiques depuis juillet 1998, se trouvent au lieu-dit Le Colombier, sur un coteau dominant la vallée du Petit Lay, hors du cimetière communal. Elles sont entourées d’une simple grille en fer forgé, sans dalle ni inscription, conformément aux volontés testamentaires de Clemenceau, qui exigeait une tombe anonyme et dépouillée. Une stèle en bas-relief, représentant Minerve victorieuse veillant sur la Paix, œuvre du sculpteur François Sicard, surplombe les deux tombes. Le site, donné à la commune en 1922, devait rester inchangé, à l’exception d’un entretien minimal pour éviter l’envahissement par la végétation.
Georges Clemenceau, né à Mouilleron-en-Pareds (Vendée), demanda dans son testament d’être enterré sans cérémonie, aux côtés de son père, médecin à Nantes. Inhumé le 25 novembre 1929 en présence de 200 gendarmes chargés d’écarter la foule, son cercueil fut légèrement incliné en raison d’un rocher ou des racines d’un cèdre de l’Atlas planté en 1848 par son père. La légende d’une inhumation debout pour défier l’Église ou regarder vers les Vosges est infondée, mais reflète son esprit rebelle. Le site, incluant les tombes, la stèle et l’allée d’accès, fut classé en 1998.
La tombe a accueilli des visiteurs illustres, dont Charles de Gaulle en 1946, venu honorer la promesse faite en 1941 via la BBC d’annoncer la victoire à Clemenceau. D’autres personnalités comme François Mitterrand (1987) ou Emmanuel Macron (2016 et 2018) s’y sont recueillies. En 2013, la stèle fut taguée avant la visite de Manuel Valls, rappelant la charge symbolique du lieu. Le monument incarne l’héritage du Tigre, figure majeure de la Troisième République, et son attachement à la Vendée, terre de ses origines.
Le cèdre de l’Atlas, planté en 1848 par Benjamin Clemenceau avec l’aide de son fils âgé de 7 ans, marque l’emplacement des tombes. La stèle de Minerve, allégorie de la victoire et de la paix, fut offerte par l’ami sculpteur François Sicard. Clemenceau vécut peu au Colombier, préférant sa maison de pêcheur à Saint-Vincent-sur-Jard, mais choisit ce lieu pour son inhumation, proche de son père. Le terrain, donné à la commune en 1922, devait rester sans monument supplémentaire, selon ses dernières volontés.
Malgré sa simplicité, le site est un haut lieu de mémoire nationale. Les tombes, creusées dans un escarpement rocheux, contrastent avec les hommages rendus par des figures politiques françaises et étrangères, comme le maréchal Rommel en 1943. L’inscription aux Monuments historiques en 1998 protège cet ensemble modeste mais chargé d’histoire, témoin des convictions républicaines et de l’héritage vendéen de Clemenceau.