Début de l'occupation fin du Ier siècle (vers 80 ap. J.-C.) (≈ 195)
Fondation du hameau, tessons céramiques datés.
IIe siècle
Évolution des pratiques funéraires
Évolution des pratiques funéraires IIe siècle (≈ 250)
Apparition de coffres en bois/grès.
seconde moitié du IIIe siècle
Abandon du site
Abandon du site seconde moitié du IIIe siècle (≈ 375)
Fin de l’occupation romaine.
1869
Découverte d’une borne milliaire
Découverte d’une borne milliaire 1869 (≈ 1869)
Preuve de la voie Donon-Sarrebourg.
1962
Premières fouilles archéologiques
Premières fouilles archéologiques 1962 (≈ 1962)
Sondages initiaux sur le plateau.
11 septembre 2003
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 11 septembre 2003 (≈ 2003)
Protection du site et périmètre élargi.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le site archéologique situé aux lieux-dits Basse Melot (cad. 19 4) , Basse du Loup (cad. 19 5) , Schweinsbach (cad. 19 7) , Eugenthal (cad. 19 10) , et concernant le périmètre de l'ensemble du plateau ayant fait l'objet de fouilles archéologiques (y compris le chemin antique et le bâtiment 4) augmenté d'une zone de protection supplémentaire de 30 mètres de largeur, soit une zone de 25 000 m2 : inscription par arrêté du 11 septembre 2003
Personnages clés
Information non disponible - Aucun personnage nommé dans les sources
Les fouilles mentionnent des carriers et artisans anonymes.
Origine et histoire
Le site de la Croix-Guillaume, situé à Saint-Quirin en Moselle (Grand Est), est un hameau gallo-romain implanté sur un plateau gréseux de 7 000 m2 à 487 m d’altitude. Occupé de la fin du Ier siècle (vers 80 ap. J.-C.) à la seconde moitié du IIIe siècle, il domine les vallées de la Sarre rouge et blanche. Ce lieu stratégique, à 20 km de Pons Saravi (Sarrebourg), marque une étape sur la voie antique Langres-Strasbourg avant le col de Saverne. Les premières investigations archéologiques datent de 1962, suivies de fouilles systématiques entre 1994 et 1999.
Le site concentre toutes les fonctions d’un hameau antique : habitat (5 bâtiments, dont un de 22 m de long), carrières de grès exploitées par des carriers résidents, deux aires cultuelles dédiées à des divinités comme Taranis-Jupiter, Mercure ou Rosmerta, et une nécropole de 80 structures funéraires. Parmi les découvertes remarquables figurent des stèles votives, des statues de cavaliers à l’anguipède (dont une avec un aigle, attribut de Jupiter), et des objets cultuels comme un taureau en ronde-bosse, rare en Gaule. Les carrières, reconnaissables à leurs fronts de taille et outils (coins en fer), révèlent une production locale et un commerce extérieur, attesté par une plaque destinée à un mausolée.
La nécropole livre des urnes cinéraires en céramique ou grès, des offrandes (fibules, haches, fusaïoles) et des stèles funéraires typiques (stèles-maisons à rosaces, stèles-plaques en buste). Les tombes, marquées par des cercles de pierres, évoluent vers des coffres en bois ou grès à partir du IIe siècle. Le site illustre aussi des activités agro-pastorales, avec une citerne collectant les eaux et des terrasses cultivées. Une borne milliaire découverte en 1869 confirme son rôle sur la voie antique reliant le Donon à Sarrebourg via la Croix-Guillaume.
Classé Monument Historique en 2003, le site couvre 25 000 m2 incluant le plateau fouillé, un chemin antique et une zone tampon. Les artefacts (céramiques, métaux, sculptures) sont conservés au musée de Sarrebourg et au musée lapidaire d’Avignon. Son abandon au IIIe siècle coïncide avec les bouleversements de cette période. Aujourd’hui accessible par un sentier balisé depuis Saint-Quirin, il offre un témoignage unique de l’occupation des hauteurs vosgiennes à l’époque romaine.
Les fouilles ont révélé des liens culturels avec le Donon, situé à 10 km au sud, où un bas-relief similaire (lion et taureau affrontés) est exposé au musée d’Épinal. Ce réseau de sites souligne l’importance des voies de communication et des échanges religieux dans les Vosges gallo-romaines. Les carriers itinérants et les tailleurs de pierre locaux y ont laissé des traces techniques (lignes d’emboîtures, caniveaux), prouvant une organisation artisanale structurée.
Le mobilier archéologique, comme les statues de cavaliers ou les stèles votives, atteste d’un syncrétisme religieux entre cultes gaulois (Taranis, Épona) et romains (Jupiter, Mercure). La diversité des pratiques funéraires (incinération, enclos pierrés) reflète une communauté mixte, probablement composée de carriers, artisans et paysans. Le site, étudié par des érudits depuis le XVIIIe siècle, reste un jalon clé pour comprendre l’adaptation des populations locales à la romanisation en Lorraine.
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