Sites chaufourniers de la Maison-Blanche et de Châteaupanne en Maine-et-Loire

Sites chaufourniers de la Maison-Blanche et de Châteaupanne

  • 49570 Mauges-sur-Loire
Propriété privée

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
XVIIe siècle
Début de l'extraction
1854
Acquisition par Heusschen
Fin du XVIIIe siècle
Production de chaux
7 avril 1987
Inscription aux Monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les éléments bâtis : le four de la maison blanche ; les trois fours subsistants de Châteaupanne à savoir La Jalousie, Clermont, l'Union ; la maison de contremaître ; la chaufournerie comprenant les écuries ; les forges ; la cabine de commande du téléphérique ; les bâtiments de la machine à vapeur (ruines) ; l'ancienne cantine (cad. AT 94, 120, 121, 122, 128, 148) : inscription par arrêté du 7 avril 1987

Personnages clés

Edmond Heusschen Ingénieur d'origine belge qui acquit la concession des mines de charbon et des fours en 1854.

Origine et histoire

Les sites chaufourniers de la Maison-Blanche et de Châteaupanne, inscrits aux Monuments historiques le 7 avril 1987 (PA00109193), se situent le long de la Corniche Angevine sur la rive sud de la Loire, dans la commune de Montjean-sur-Loire, à l'ouest de Chalonnes-sur-Loire et au nord de La Pommeraye. L'enclave calcaire de Châteaupanne, classée ZNIEFF et incluse dans le périmètre Natura 2000 « Vallée de la Loire de Nantes aux Ponts-de-Cé et ses annexes », couvre 26,7 hectares et s'étend sur une butte dont l'altitude varie de 13 à 46 mètres. Cette butte de calcaire, implantée sur un socle schisteux, a été exploitée depuis longtemps pour l'extraction de lentilles calcaires et la fabrication de chaux. Le site présente des pelouses xérophiles calcaires, des friches boisées, des falaises, des rochers et des éboulis, ainsi qu'une partie souterraine formée de grottes et d'un réseau karstique. Géologiquement, l'unité de Châteaupanne associe des sédiments marins ordoviciens (Moulin de Châteaupanne grès et siltstone Fresne) recouverts en discordance par la formation dévonienne de Chalonnes (Emsien), principalement constituée de calcaire massif avec, en base, des couches terrigènes contenant des fragments de plantes. Cette série est surmontée par la formation de Sainte-Anne (Emsien‑Eifelien), composée de grès immatures déposés sur des calcaires récifaux. Le gisement calcaire est connu de très longue date : l'extraction de calcaire et de calcite du marbre y est mentionnée dès le XVIIe siècle, avec des indices d'une activité antérieure possible au Moyen Âge. À la fin du XVIIIe siècle, une demi-douzaine de fours à chaux verticaux produisaient de la chaux par calcination de la calcite du marbre alimentée au charbon, d'abord pour les chantiers de construction, puis pour l'amendement des sols acides. Cette production de chaux a contribué à la révolution agricole dans l'ouest de la France en participant à l'amélioration des terres. En 1854, l'ingénieur d'origine belge Edmond Heusschen acquit la concession des mines de charbon et des fours, ce qui permit d'importantes extensions de l'exploitation, qui s'est industrialisée au début du XXe siècle. Sur le plan paléobotanique, la carrière de Châteaupanne a livré en 2006 deux fossiles nommés Armoricaphyton chateaupannense, dont les tiges contiennent du bois ; datés à environ 407 millions d'années, ces fossiles repoussent de dix millions d'années la date d'apparition du bois et suggèrent que celui-ci est apparu avant les feuilles et les graines. Les plantes fossiles mesurent de 10 à 20 centimètres de hauteur et indiqueraient que le bois primitif avait davantage pour fonction d'aider la circulation de la sève que de soutenir la croissance structurelle. Selon le document d'objectif Natura 2000, les prairies sur sols calcaires secs du site sont largement colonisées par des buissons de prunelliers et d'aubépines, et la strate herbacée accueille de nombreuses orchidées ainsi que plusieurs plantes protégées, dont Teucrium botrys, Helianthemum apenninum et Aceras anthropophorum. Ce type d'habitat est présent sur les lentilles calcaires de Bouzillé et de Montjean‑sur‑Loire au sein du site Natura 2000. Le patrimoine bâti inscrit comprend notamment le four de la Maison‑Blanche, trois fours subsistants à Châteaupanne nommés La Jalousie, Clermont et L'Union, la maison de contremaître, la chaufournerie avec ses écuries, les forges, la cabine de commande du téléphérique, les bâtiments de la machine à vapeur en ruines et l'ancienne cantine.

Liens externes