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Sucrerie Saint-Louis à Eppeville dans la Somme

Somme

Sucrerie Saint-Louis

    90 Rue du Maréchal Leclerc
    80400 Eppeville
Sucrerie Saint-Louis
Sucrerie Saint-Louis
Sucrerie Saint-Louis
Sucrerie Saint-Louis
Sucrerie Saint-Louis
Sucrerie Saint-Louis
Sucrerie Saint-Louis
Sucrerie Saint-Louis
Sucrerie Saint-Louis
Sucrerie Saint-Louis
Sucrerie Saint-Louis
Sucrerie Saint-Louis
Sucrerie Saint-Louis
Sucrerie Saint-Louis
Crédit photo : Pimvantend - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1828
Première mention d'une sucrerie
1917-1918
Destruction par l'armée allemande
1919-1922
Reconstruction de la sucrerie
1940
Bombardement pendant la Seconde Guerre
2001
Rachat par Südzucker
2020
Fermeture définitive
10 décembre 2021
Protection partielle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les parties suivantes de l’ancienne sucrerie Saint-Louis Sucre, située 90 rue du Maréchal-Leclerc : le hall de fabrication ou bâtiment en « E » (bâtiment n°18-18A-18B), à l’exception de l’extension Est nommée « Effusion » et des appendices ajoutés en façade. Le bâtiment sus-mentionné figure au cadastre, section AB, parcelle 40, tel que délimité et numéroté sur le plan annexé à l’arrêté : inscription par arrêté du 10 décembre 2021

Personnages clés

Edme Sommier - Industriel et raffineur Initiateur de la reconstruction en 1919.
Émile Tabary - Ingénieur et directeur Cofondateur de la CNSR, expert sucrier.
Georges Lisch - Architecte Concepteur de l’usine et des cités.
Jean de Vogüé - Dirigeant de l’usine Proche d’Edme Sommier, hommage dans la Cité Germaine.

Origine et histoire

La sucrerie d’Eppeville, située dans la Somme, est fondée au XIXe siècle mais prend son essor après la Première Guerre mondiale. Dynamitée par l’armée allemande en 1917-1918, elle est reconstruite entre 1919 et 1922 sous l’impulsion d’Edme Sommier et de l’ingénieur Émile Tabary, avec pour ambition de devenir la plus grande sucrerie de France. Le site, choisi pour sa proximité avec le canal de la Somme et la ligne ferroviaire Amiens-Tergnier, s’étend sur 190 000 m2. L’architecte Georges Lisch, également responsable de la restauration du château de Vaux-le-Vicomte, conçoit les plans de l’usine et des logements ouvriers, s’inspirant des modèles architecturaux de l’Entre-deux-guerres.

La construction, confiée à des entreprises spécialisées comme Skoda (filiale de Schneider) et Hersent, mobilise 600 ouvriers tchèques pour le montage de la structure métallique. Le coût des fondations, sur un terrain marécageux, atteint dix millions de francs. L’usine, en forme de « E », arbore une façade principale inspirée de la gare du Havre, avec une inscription en céramique verte : « Fabrique de sucre ». À proximité, un château en brique abrite la direction, tandis que trois ensembles de logements ouvriers (l’Hôtel de Fabrique, la Petite Cité et la Cité Germaine) sont construits pour accueillir les employés, reflétant une organisation sociale hiérarchisée.

Bombardée en 1940, la sucrerie est partiellement reconstruite entre 1941 et 1945, puis agrandie dans la seconde moitié du XXe siècle. Elle ferme définitivement en février 2020, après le rachat du groupe Saint Louis Sucre par le sucrier allemand Südzucker en 2001. Le site, partiellement protégé comme Monument Historique depuis 2021 (notamment le hall de fabrication en forme de « E »), risque aujourd’hui d’être rasé. Son histoire illustre l’évolution de l’industrie sucrière en Picardie, marquée par les guerres, les reconstructions et les mutations économiques.

Les cités ouvrières, conçues comme des cités-jardins, perpétuent la mémoire des dirigeants de l’usine, avec des rues nommées en hommage à Edme Sommier et ses proches. La sucrerie, symbole de la reconstruction de la Haute-Somme, témoigne aussi des conditions de vie des ouvriers, entre travail saisonnier et logements collectifs. Son architecture, mêlant briques orangées et céramiques, en fait un exemple remarquable du patrimoine industriel français.

La fermeture du site s’inscrit dans un contexte de crise du secteur sucrier, marqué par la chute des cours mondiaux et la fin des quotas. Le transfert de la production vers le site de Roye en 2020 met fin à près d’un siècle d’activité. Aujourd’hui, le devenir de la sucrerie Saint-Louis interroge sur la préservation du patrimoine industriel, entre mémoire collective et pressions économiques.

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