Origine possible de la base XIe siècle (≈ 1150)
Fondations anciennes sous la tour actuelle.
1282
Première mention des fortifications
Première mention des fortifications 1282 (≈ 1282)
Remparts de Lectoure attestés par écrit.
1476
Siège de Lectoure
Siège de Lectoure 1476 (≈ 1476)
Dégâts majeurs aux fortifications médiévales.
1537
Reconstruction de la base
Reconstruction de la base 1537 (≈ 1537)
Tour antique remplacée, jugée inefficace.
1547
Ajout de meurtrières
Ajout de meurtrières 1547 (≈ 1547)
Adaptation aux armes à feu.
1592
Aménagements supérieurs
Aménagements supérieurs 1592 (≈ 1592)
Travaux commandés par Henri IV.
1780–1784
Jean Rascat en fonction
Jean Rascat en fonction 1780–1784 (≈ 1782)
Dernier bourreau résidant dans la tour.
23 avril 1947
Inscription Monument historique
Inscription Monument historique 23 avril 1947 (≈ 1947)
Protection officielle de la tour.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Tour du Bourreau : inscription par arrêté du 23 avril 1947
Personnages clés
Henri IV - Roi de France
Supervisa les travaux de 1592.
Jean Rascat - Dernier bourreau de Lectoure
Résida dans la tour (1780–1784).
Jean-François Bladé - Notaire et écrivain
Conserva les témoignages de Rascat.
Origine et histoire
La tour du Bourreau, aussi appelée tour de Corhaut, est le seul vestige subsistant de l’enceinte fortifiée médiévale de Lectoure, dans le Gers. Son nom provient de sa fonction historique : elle abritait le bourreau de la ville, bien que son appellation officielle, tour de Corhaut, fasse référence à sa localisation dans le quartier éponyme, près de la porte du même nom. Située à l’angle nord-est des remparts, elle marquait un point névralgique des défenses, là où le plateau sur lequel s’étend Lectoure était le plus vulnérable, à l’est. Les fortifications y étaient renforcées par des bastions, une barbacane et un fossé, tandis que la tour reliait les remparts est et nord.
La structure actuelle résulte de plusieurs phases de construction. La base, reconstruite en 1537, remplace une tour antique jugée inefficace, dont les fondations restent visibles. La partie supérieure, aux pans irréguliers soutenus par des encorbellements, date de 1592, comme l’atteste une pierre gravée commandée par Henri IV, qui supervisa personnellement les travaux. Cette pierre, unique vestige parmi huit originales, porte l’inscription REGN.Ho4 / FEVRIER / 1592. La tour, construite en moellons de calcaire local, était initialement couverte d’un toit dont la forme exacte (créneaux, mâchicoulis ou poivrière) reste incertaine, bien qu’un plan du XVIIe siècle suggère un toit conique. Des meurtrières pour armes à feu y furent ajoutées en 1547.
À l’intérieur, les deux tiers de la tour sont remplis de terre, et une poterne en plein cintre donne accès à l’ouest, vers l’actuel boulevard du Nord, ancien chemin de ronde. Une salle souterraine, défendue par une meurtrière, pourrait mener à des souterrains, bien que leur existence ne soit pas confirmée. La tour fut épargnée lors de la destruction des remparts et transformée en habitation au XIXe siècle, avant d’être adjointe à une maison neuve en 1967. Elle fut inscrite aux Monuments historiques en 1947 et appartient aujourd’hui à des particuliers.
Le dernier bourreau connu ayant occupé la tour fut Jean Rascat (1759–1846), originaire de Nègrepelisse. Exécuteur à Lectoure de 1780 à 1784, il appliquait la question (torture judiciaire) et procédait aux pendaisons dans les sous-sols de la sénéchaussée. Après un parcours chaotique — aide-bourreau à Agen, maître-exécuteur à Auch, puis emprisonné pour négligence et corruption —, il termina sa vie dans la misère, soutenu par une petite pension versée par le notaire Bladé. Son nom devint synonyme de bourreau en gascon, grâce aux récits de Bladé dans les Contes de Gascogne.
Les remparts de Lectoure, mentionnés dès 1282, subirent un siège décisif en 1476 qui endommagea leurs défenses. La tour, dont la base pourrait remonter au XIe siècle, barrait l’accès au promontoire par son côté le plus accessible. Deux appareils de construction distincts y sont visibles, reflétant ses réaménagements successifs. Vendue à un particulier en 1869, elle perdit son couronnement d’origine mais conserva son rôle symbolique, lié à la fois à l’histoire judiciaire et militaire de la ville. Aujourd’hui, elle est désignée officiellement sous le nom de tour de Corhaut, dite Tour du Bourreau.
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