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Usine Gasse et Canthelou à Elbeuf en Seine-Maritime

Patrimoine classé
Patrimoine industriel
Usine

Usine Gasse et Canthelou à Elbeuf

    17 Rue Camille-Randoing
    76500 Elbeuf
Propriété privée

Frise chronologique

Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
années 1840
Fondation de l’usine
1854
Rachat par Join-Lambert
1882
Agrandissement par Lepesqueur
1918
Construction du tissage en shed
1967
Fermeture définitive
13 janvier 1994
Inscription Monument Historique
2005
Acquisition par la commune
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures de l'ensemble des bâtiments ; emprise foncière de la cour (cad. AN 160 ) : inscription par arrêté du 2 décembre 1997

Personnages clés

Auguste Rocheux - Fondateur de l’usine Crée l’usine vers 1840 sur un terrain Grandin.
Alexandre Grandin fils - Propriétaire du terrain initial Fournit le *clos à rames* pour la construction.
Louis-Edmond Join-Lambert - Repeneur en 1854 Modernise avec machines à vapeur et nouveaux ateliers.
Samson Lepesqueur - Propriétaire à partir de 1882 Agrandit l’usine avec un atelier métallique.
Société Gasse et Canthelou - Derniers propriétaires industriels Construisent le tissage en shed en 1918.

Origine et histoire

L’usine Gasse et Canthelou, située 17 rue Camille-Randoing à Elbeuf (Seine-Maritime), est fondée dans les années 1840 par Auguste Rocheux sur un terrain appartenant au manufacturier Alexandre Grandin fils. Initialement spécialisée dans le tissage de laine et l’apprêt des étoffes, elle s’étend progressivement avec des agrandissements en 1860, 1882 et 1918, reflétant les évolutions technologiques et les changements de propriétaires, dont Louis-Edmond Join-Lambert (1854) et Samson Lepesqueur (1882). L’usine, qui emploie jusqu’à 320 ouvriers en 1967, ferme cette même année après plus d’un siècle d’activité textile.

L’architecture du site, inscrite aux Monuments Historiques en 1994, mêle des ateliers en brique (2 à 4 étages) et un tissage en shed (1918) avec charpente métallique apparente. Les façades, restaurées lors de la réhabilitation en logements (88 lofts et duplex), conservent leurs décors d’origine, tandis que les sheds intègrent des baies vitrées modernes. La cour centrale, cœur de l’organisation industrielle, dessert un îlot de 6 000 m2 où s’articulaient les différentes étapes de production : foulage, tondage, ramage et tissage mécanique.

La réhabilitation, menée en deux phases, a préservé les éléments patrimoniaux comme la grille en ferronnerie du portail, l’horloge de la chaufferie ou les poteaux en fonte des sheds. Des équipements historiques, tels que les 99 métiers mécaniques installés en 1900 ou la dévideuse de 640 broches (1930), témoignent de l’évolution technique de l’usine. Aujourd’hui, le site, acquis par la commune en 2005 puis cédé à une société immobilière, allie héritage industriel et usage résidentiel, tout en accueillant des activités commerciales dans certaines parties.

Le tournage du film Coup pour coup (Marin Karmitz, 1972) y a été partiellement réalisé, soulignant son ancrage dans la mémoire ouvrière normande. Les documents de référence, comme Le Patrimoine des communes de Seine-Maritime (1997), et les bases Mérimée ou Monumentum, complètent les sources disponibles sur ce témoin majeur de la révolution industrielle en Normandie.

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