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Usine Sidoux de Saint-Quentin dans l'Aisne

Patrimoine classé
Patrimoine industriel
Usine
Aisne

Usine Sidoux de Saint-Quentin

    75 Rue Camille-Desmoulins
    02100 Saint-Quentin
Propriété d'une société privée
Usine Sidoux de Saint-Quentin
Usine Sidoux de Saint-Quentin
Usine Sidoux de Saint-Quentin
Usine Sidoux de Saint-Quentin
Usine Sidoux de Saint-Quentin
Usine Sidoux de Saint-Quentin
Usine Sidoux de Saint-Quentin
Usine Sidoux de Saint-Quentin
Crédit photo : Viromanduen - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1891
Fondation de l'usine
1902
Changement de propriétaire
1914-1918
Destruction partielle
1920-1922
Reconstruction à l'identique
1990
Dépôt de bilan
24 février 1992
Inscription aux monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'ensemble des bâtiments (cad. AX 1123) : inscription par arrêté du 24 février 1992

Personnages clés

Archibald Broad - Fondateur de l'usine Industriel britannique, créateur en 1891.
Louis-Albert Sidoux - Propriétaire à partir de 1902 Reprend et développe l'activité textile.
G. Malgras - Architecte de la reconstruction Dirige les travaux de 1920 à 1922.

Origine et histoire

L’usine Sidoux, située au 75 rue Camille-Desmoulins à Saint-Quentin (Aisne, Hauts-de-France), est un site industriel emblématique des 4e quart du XIXe et 1er quart du XXe siècle. Fondée en 1891 par l’industriel britannique Archibald Broad, elle se spécialise dans la fabrication de pièces de guipure pour rideaux, un secteur textile alors en plein essor. L’architecture initiale, partiellement détruite pendant la Première Guerre mondiale, sera reconstituée à l’identique entre 1920 et 1922 sous la direction de l’architecte G. Malgras, qui restitue notamment un pignon à redents curvilignes sur la façade des bureaux.

L’usine change de propriétaire en 1902, devenant la propriété de Louis-Albert Sidoux, qui perpétue son activité jusqu’au dépôt de bilan en 1990. Le site, inscrit aux monuments historiques en 1992, est conservé dans son état des années 1920, avec l’intégralité de ses métiers à guipure et à tulle, ses dispositifs de transmission, ses ourdissoirs, ainsi qu’une collection de dessins et de cartons Jacquard. Une machine à vapeur de 1920, de marque Bollingkx (Bruxelles), bien que démontée, reste en place, illustrant le patrimoine technique préservé. L’usine témoigne ainsi de l’âge d’or de l’industrie textile picarde et des savoir-faire artisanaux associés.

La localisation de l’usine, dans un quartier industriel de Saint-Quentin, reflète l’urbanisation liée à la révolution industrielle en Picardie. La ville, alors dynamique grâce à ses activités textiles, attire des investisseurs étrangers comme Broad, tandis que des architectes locaux, tels Malgras, adaptent les bâtiments aux besoins techniques et esthétiques de l’époque. La reconstruction post-Première Guerre mondiale, fidèle à l’original, souligne l’attachement à un patrimoine à la fois fonctionnel et architectural, aujourd’hui rare.

Classée parmi les monuments historiques de l’Aisne, l’usine Sidoux se distingue par son état de conservation exceptionnel, offrant un aperçu complet des procédés de fabrication de la guipure. Les cartons Jacquard et les machines, encore en place, permettent d’étudier les techniques textiles du début du XXe siècle. Ce site privé, bien que non accessible au public, constitue une ressource majeure pour l’histoire industrielle française et européenne, notamment pour l’étude des transferts technologiques entre la Belgique (machine Bollingkx) et la France.

Le déclin de l’usine, marqué par le dépôt de bilan en 1990, s’inscrit dans un contexte plus large de désindustrialisation touchant la région Hauts-de-France. Cependant, son inscription rapide au titre des monuments historiques (1992) a permis de sauvegarder un ensemble cohérent, incluant aussi bien les bâtiments que les équipements. Aujourd’hui, l’usine Sidoux représente un jalon clé pour comprendre l’évolution des paysages industriels et l’héritage des savoir-faire textiles dans le nord de la France.

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