Première mention du site XVIe siècle (≈ 1650)
Site cité dans des écrits historiques.
Fin XVIIe siècle
Étude par Pierre-Joseph Dunod
Étude par Pierre-Joseph Dunod Fin XVIIe siècle (≈ 1795)
Première analyse documentée du sanctuaire.
1948
Inscription de l'aqueduc
Inscription de l'aqueduc 1948 (≈ 1948)
Protection partielle des vestiges.
1965
Classement du site archéologique
Classement du site archéologique 1965 (≈ 1965)
Protection légale renforcée.
1960-1982
Fouilles archéologiques de Lucien Lerat
Fouilles archéologiques de Lucien Lerat 1960-1982 (≈ 1971)
Campagnes majeures de mise au jour.
1992
Inscription des vestiges supplémentaires
Inscription des vestiges supplémentaires 1992 (≈ 1992)
Extension de la protection patrimoniale.
1995-2013
Ouverture au public
Ouverture au public 1995-2013 (≈ 2004)
Première période de visite accessible.
2020
Réouverture partielle en été
Réouverture partielle en été 2020 (≈ 2020)
Accès limité après fermeture pour intempéries.
2019-2025
Reprise des fouilles
Reprise des fouilles 2019-2025 (≈ 2022)
Nouvelle campagne archéologique en cours.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ferme et ses environs : soubassements antiques, bief de la scierie, ensemble des blocs architecturaux, sous-sol, lac (cad. B 3, 6 à 11, 13, 14, 378, 528, 529) : inscription par arrêté du 13 octobre 1992
Personnages clés
Pierre-Joseph Dunod - Historien et érudit
A étudié le site fin XVIIe.
Lucien Lerat - Archéologue
Dirigea les fouilles de 1960 à 1982.
Albéric Olivier - Spécialiste des techniques antiques
Étudia les fondations en 1984.
Origine et histoire
Le sanctuaire gallo-romain du Pont des Arches, à Villards-d’Héria (Jura), était un lieu sacré pour le peuple gaulois des Séquanes, dont le territoire correspondait à l’actuelle Franche-Comté. Construit autour d’une résurgence du ruisseau Héria, il était lié aux temples identifiés près du lac d’Antre, à 1 km en amont, où se trouvent les pertes de l’Héria. Ce site, mentionné dès le XVIe siècle, fut étudié par Pierre-Joseph Dunod à la fin du XVIIe siècle, mais les fouilles scientifiques ne débutèrent qu’en 1960 sous la direction de Lucien Lerat, se poursuivant jusqu’en 1982. Les campagnes ont repris en 2019 et doivent durer jusqu’en 2025.
Les vestiges monumentaux, datant du Ier au IIIe siècle, incluent un pont à arches sur l’Héria, un ensemble cultuel avec un temple et une source sacrée (le « puits romain »), reliés par des galeries à un espace balnéaire comprenant deux piscines rituelles et des troncs à offrandes. Le nom antique du site reste inconnu, et aucune agglomération gallo-romaine proche n’est attestée. Les vestiges furent protégés dès 1948 (aqueduc), 1965 (site archéologique) et 1992 (autres éléments), permettant une ouverture au public de 1995 à 2013, avant une fermeture pour dommages climatiques. Depuis 2020, le site est accessible quelques jours par an en été, avec une visite virtuelle disponible en ligne.
La préservation du site illustre les défis de la restauration archéologique, privilégiant une protection sans reconstruction permanente. Un projet de couverture par des structures métallo-textiles (toiles téflonisées) a été conçu pour abriter les vestiges sans altérer leur authenticité, en évitant toute symétrie ou référence aux formes antiques. Ce projet, fruit d’une collaboration entre archéologues, architectes et restaurateurs, vise à concilier protection scientifique et accessibilité publique. Les couvertures, portées par des poteaux placés hors des vestiges, doivent protéger les zones clés comme le balneum (bains rituels) et le nymphée (sanctuaire-fontaine), tout en intégrant des écrans végétaux contre le vent et la neige.
Le sanctuaire des Séquanes se compose de deux parties : un sanctuaire « du bas » autour du Pont des Arches, et un sanctuaire « du haut » près du lac d’Antre, où des blocs architecturaux monumentaux (comme un arc écroulé) et les fondations d’un grand temple rectangulaire ainsi que d’un temple circulaire ont été identifiés. Ces éléments, partiellement réutilisés (comme le bief d’une scierie), témoignent de l’importance cultuelle du site. Les fouilles ont révélé des techniques de construction gallo-romaines, comme des fondations de cloisons étudiées par Albéric Olivier en 1984.
L’approche pluridisciplinaire du site a mis en lumière la nécessité d’intégrer archéologie, préservation et innovation technique sans céder à des reconstructions fantaisistes. La loi de 1985 sur les groupements de conception-réalisation a encadré ce projet, où les poteaux de soutien sont implantés hors des vestiges pour éviter toute détérioration. Les couvertures, conçues comme des « parapluies » légers, doivent préserver les drains antiques tout en permettant une circulation sécurisée du public via des passerelles suspendues. Ce modèle pourrait inspirer d’autres sites archéologiques confrontés à des enjeux similaires de conservation et de valorisation.
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