Première occupation IIᵉ siècle av. J.-C. (≈ 100 av. J.-C.)
Traces d’un oppidum fortifié en brique crue.
Fin IIᵉ–début Ier siècle av. J.-C.
Incendie destructeur
Incendie destructeur Fin IIᵉ–début Ier siècle av. J.-C. (≈ 75 av. J.-C.)
Village probablement abandonné temporairement.
24 juillet 2023
Classement Monument historique
Classement Monument historique 24 juillet 2023 (≈ 2023)
Inscription des vestiges par arrêté.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les vestiges de l’ancien château et du bourg castral de Castillon situé sur le rocher de la Pène, selon le plan annexé à l’arrêté, sur la parcelle figurant au cadastre section AE 16 : inscription par arrêté du 24 juillet 2023
Personnages clés
Seigneurs des Baux - Propriétaires médiévaux
Contrôlaient le site aux XIe–XIVe siècles.
Henri Tréziny - Archéologue
Dirigea les fouilles de 1986 à 1990.
Origine et histoire
Les tours de Castillon, situées sur la chaîne de la Pène (massif des Alpilles), forment un site archéologique occupé sans interruption entre le IIe siècle av. J.-C. et le XVe siècle. L’apogée démographique se situe aux XIIIe–XIVe siècles, avant un abandon progressif au profit du village actuel de Paradou, distant de quelques centaines de mètres. Le site, aujourd’hui visitable, conserve trois tours médiévales délimitant l’enceinte ancienne, tandis que le rempart a presque entièrement disparu. Des fouilles (1986–1990) ont révélé un oppidum antique très dégradé, victime du temps et de fouilles clandestines.
L’oppidum antique, fortifié dès le IIe siècle av. J.-C., était ceint d’un mur en brique crue sur socle de pierres sèches, large de 1,50 mètre. Un parement en grand appareil, ajouté ultérieurement (période augustéenne au plus tard), renforçait la structure. Les habitations, en briques crues sur solin de pierre, s’adossaient au rempart, dont les blocs furent réutilisés au Moyen Âge pour d’autres constructions. Un incendie ravagea probablement le village entre la fin du IIe et le début du Ier siècle av. J.-C., bien que le site ait été réoccupé sous l’Empire romain. Une chaussée antique, repérée par photographie aérienne, reste non datée mais est présumée romaine.
Au Moyen Âge, le site — initialement propriété de l’abbaye de Montmajour — passa sous contrôle des seigneurs des Baux entre les XIe et XIIe siècles. Stratégiquement positionné, il permettait une communication visuelle avec le château des Baux et contrôlait la voie traversant les marais des Baux vers la plaine de la Crau. Aux XIIIe–XIVe siècles, un nouveau rempart ceignit la colline, flanqué de tours carrées puis renforcé par des tours curvilignes et des lices. Un quartier d’habitation, fouillé entre 1986 et 1990, révèle une densification au XIVe siècle, avec silos, caves et citernes, avant un abandon définitif à la fin de ce même siècle.
Une nécropole médiévale, découverte sur le versant sud-est, a livré cinq sépultures d’adultes (21–45 ans) datées du Moyen Âge. Les défunts, deux hommes et une femme identifiés, étaient inhumés en décubitus dorsal, bras en adduction. Leurs tailles (1,61 m à 1,73 m) suggèrent une population bien nourrie. Le site, classé Monument historique en juillet 2023, appartient aujourd’hui à la commune de Paradou.
Les fouilles archéologiques, dirigées notamment par Henri Tréziny (1986–1990), ont permis de reconstituer l’histoire de cet oppidum transformé en bourg castral. Les vestiges, situés à 41 mètres d’altitude, surplombaient un point de franchissement des marais des Baux, le pont Saint-Jean. Les matériaux locaux (calcaire burdigalien des Alpilles) furent largement réemployés au fil des siècles, effaçant partiellement les traces des premières occupations. Le site illustre ainsi l’évolution d’un lieu de pouvoir, de l’Antiquité au déclin médiéval.
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