Origine et histoire du Vieux château
Le vieux château de Mérindol, situé dans le Vaucluse, est une forteresse médiévale édifiée au début du XIIIe siècle sur un contrefort des monts du Luberon, surplombant la vallée de la Durance. Ses ruines, encore visibles aujourd’hui, incluent une enceinte du XIIIe siècle, une chapelle, un donjon en retrait, et les traces d’un bourg castral originel composé de quelques maisons. Le site, inscrit à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1997, illustre l’architecture défensive provençale, où l’enceinte prolongeait des falaises naturelles pour renforcer la protection symbolique et physique.
La seigneurie de Mérindol est initialement détenue par Guy, vicomte de Cavaillon, vassal du comte de Toulouse Raymond VII. Au XIVe siècle, le bourg castral s’étend à une quarantaine de maisons, et la chapelle castrale devient l’église paroissiale sous l’autorité d’un seigneur-évêque. Cependant, la peste du milieu du XVe siècle décime la population, entraînant l’abandon du château dès 1448. En 1504, un « acte d’habitation » est signé avec 12 familles vaudoises, relançant la vie locale avec une communauté protestante persécutée.
En 1540, le bourg compte 150 à 200 habitants, mais le « sac de Mérindol » en 1545, ordonné par François Ier, marque un tournant tragique : exécution des Vaudois, démantèlement de la forteresse, et confiscation des biens. Les survivants s’enfuient vers Genève, et bien que le village se repeuple, le château n’est jamais reconstruit. Un mémorial vaudois, inauguré en 1978, commémore aujourd’hui les victimes protestantes, rappelant leur lien avec l’Église réformée depuis 1532.
Architecturalement, le château suit un plan provençal classique en trois pôles : donjon-chapelle-enceinte, typique des villages-castrum du Luberon. L’accès, protégé par un long parcours périphérique, menait à une poterne entre la chapelle et la tour. Les fouilles ont révélé des céramiques des XIIIe et XIVe siècles, confirmant ces périodes d’occupation. Le site, accessible librement, s’intègre au chemin touristique « Mérindol - Traces vaudoises », mis en valeur par les Parcs naturels régionaux.
Après sa destruction, le château reste un symbole des persécutions religieuses en Provence. Son histoire reflète les tensions entre pouvoir royal catholique et communautés protestantes, ainsi que la résilience des populations locales. Aujourd’hui, ses ruines et le mémorial offrent un témoignage poignant de ce passé mouvementé, tout en s’inscrivant dans un paysage naturel préservé.