Incendie du moulin 2-3 juillet 1754 (≈ 3)
Destruction intérieure, fermeture pour deux ans.
1626-1627
Construction du moulin
Construction du moulin 1626-1627 (≈ 1627)
Commandé par Charles de Gonzague, conçu par Métezeau.
1789
Vente comme bien national
Vente comme bien national 1789 (≈ 1789)
Moulin reste actif jusqu’en 1887.
1893
Achat par la municipalité
Achat par la municipalité 1893 (≈ 1893)
Restauration par l’architecte Petitsfils.
1969
Ouverture du musée Rimbaud
Ouverture du musée Rimbaud 1969 (≈ 1969)
Installation dans l’ancien moulin.
1981
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 1981 (≈ 1981)
Protection des façades et toitures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures (cad. AL 174) : classement par arrêté du 23 février 1981
Personnages clés
Charles de Gonzague - Duc de Nevers et fondateur de Charleville
Commanditaire du moulin en 1626.
Clément Métezeau - Architecte du moulin
Conçoit la façade monumentale.
Claude Briau - Maître maçon
Réalise la construction en brique/pierre.
Arthur Rimbaud - Poète né à Charleville
Musée dédié à sa vie et œuvre.
Henri Matarasso - Collectionneur et donateur
Lègue des œuvres majeures en 1954.
Claude Lévêque - Artiste contemporain
Participe à la rénovation de 2014-2015.
Origine et histoire
Le Vieux Moulin de Charleville-Mézières, construit au 2e quart du XVIIe siècle (1626-1627), est un édifice emblématique lié à la fondation de la ville par Charles de Gonzague, duc de Nevers. Conçu par l’architecte Clément Métezeau et le maître maçon Claude Briau, il servait de moulin banal et marquait l’extrémité nord de la cité, en pendant monumental à la Porte de France. Sa façade, ornée de quatre colonnes ioniques et d’un fronton triangulaire, en faisait un élément clé du plan d’urbanisme ducale. Fonctionnant dès 1627, il approvisionnait la ville en farine pendant plus d’un siècle.
Un incendie ravageur dans la nuit du 2 au 3 juillet 1754 détruit entièrement l’intérieur du moulin, forçant sa fermeture pendant deux ans. La famille du meunier, les Payer, échappe de justesse au drame, mais l’origine du sinistre reste indéterminée, déclenchant une bataille juridique faisant jurisprudence. Le moulin est reconstruit avec un toit actuel remplaçant son dôme d’origine. Vendu comme bien national pendant la Révolution, il reste en activité jusqu’en 1887, avant d’être acquis par la municipalité en 1893 et restauré par l’architecte Petitsfils.
Au XIXe siècle, le moulin perd sa fonction meunière après le reprofilage de la Meuse (1876), qui condamne ses roues hydrauliques. Transformé en musée en 1969, il accueille d’abord le musée de l’Ardenne et le musée Arthur Rimbaud, dédié au poète né à Charleville. Ce dernier s’étend sur quatre étages depuis 1991, présentant manuscrits originaux, objets personnels de Rimbaud (valise, montre, livres), et œuvres d’artistes modernes inspirés par sa figure (Picasso, Giacometti, Cocteau). Classé Monument Historique en 1981, le site inclut aussi la salle de l’Auberge verte et la Maison des Ailleurs, ancienne demeure des Rimbaud.
La collection Rimbaud débute en 1927 avec un legs du professeur A. Gilbert, parent du poète, puis s’enrichit en 1954 grâce au don d’Henri Matarasso, libraire collectionneur. Ce dernier lègue des éditions originales (Une Saison en enfer), des documents africains, et des portraits signés par des artistes majeurs. Une rénovation complète en 2014-2015, avec la participation de l’artiste Claude Lévêque, modernise la muséographie. Le parcours actuel, du grenier au rez-de-chaussée, met en valeur des œuvres originales uniquement, avec des rotations semestrielles pour préserver les documents fragiles.
Le grenier, dédié à l’immersion poétique, évoque le grenier de la ferme de Roche où Rimbaud finalisa Une Saison en enfer. Les étages explorent son enfance ardennaise (« Rêveries »), ses engagements révolutionnaires (« Révolutions », Commune de Paris, rencontre avec Verlaine), et ses voyages en Afrique (« Vers l’Afrique »). Le rez-de-chaussée expose ses rares objets personnels (valise, couverts, montre), témoins de sa vie d’explorateur. Le musée collabore avec des artistes contemporains pour perpétuer l’héritage rimbaldien, tout en préservant son ancrage historique dans l’urbanisme de Charleville.
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