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Villa Beaulieu à Divonne-les-Bains dans l'Ain

Patrimoine classé
Patrimoine de vilégiature
Villa

Villa Beaulieu à Divonne-les-Bains

    81-99 Place de l'Église
    01220 Divonne-les-Bains
Propriété privée
Villa Beaulieu à Divonne-les-Bains
Villa Beaulieu à Divonne-les-Bains
Villa Beaulieu à Divonne-les-Bains
Villa Beaulieu à Divonne-les-Bains
Villa Beaulieu à Divonne-les-Bains
Villa Beaulieu à Divonne-les-Bains
Crédit photo : Chabe01 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1772
Construction de la villa
3 novembre 1874
Vente à la Comtesse de Divonne
17 septembre 1876
Vente aux consorts Grevaz
1987-1992
Exploitation en hôtel saisonnier
7 juillet 1994
Inscription aux monuments historiques
2010
Restauration majeure
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Ancienne villa (cad. AK 123) : inscription par arrêté du 7 juillet 1994

Personnages clés

Famille Barberat (ou Barbezat) - Propriétaires initiaux et constructeurs Enrichis par leur battoir sur la Divonne.
Comte de la Forest-Divonne - Noble local influent A attiré des Savoyards catholiques à Divonne.
Comtesse de Divonne - Propriétaire en 1874 Acheteuse de la villa pour 50 000 francs.
Consorts Grevaz (Antoine, Louis, enfants de Bernard) - Propriétaires à partir de 1876 Acheteurs pour 52 500 francs en société civile.
Bernard Quin - Propriétaire restaurateur (2010) A rétabli le plan initial et les œils-de-bœuf.

Origine et histoire

La villa Beaulieu est une maison néoclassique construite en 1772 à Divonne-les-Bains, dans le département de l’Ain, par la famille Barberat (ou Barbezat), enrichie grâce à son battoir sur la rivière Divonne. Ce bâtiment en pierre de taille, marqué par des lignes horizontales et un fronton arrondi, rappelle le style de Claude-Nicolas Ledoux. Son architecture, avec des pilastres à bossage et des œils-de-bœuf, en fait l’une des plus remarquables du Pays de Gex. La villa est un témoignage de l’influence des Savoyards catholiques attirés dans la région pendant la Contre-Réforme pour « recatholiser » cette zone majoritairement protestante.

La famille Barberat, prospère grâce à son activité industrielle, a pu financer cette demeure prestigieuse. La villa a changé de mains à plusieurs reprises : vendue en 1874 à la Comtesse de Divonne, puis en 1876 aux consorts Grevaz, elle a été transformée en hôtel-restaurant au XXe siècle. Inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1994, elle a été restaurée en 2010 pour retrouver son plan d’origine, avec la réimplantation des huit œils-de-bœuf en toiture et la conservation de ses décors intérieurs du XVIIIe siècle.

Un élément emblématique subsiste : la grande roue à aubes du battoir, toujours visible depuis le pont de la rue du Prieuré. Cette roue, restaurée au XXe siècle, rappelle l’origine industrielle de la fortune des Barberat. La villa, ouverte exceptionnellement lors des Journées du Patrimoine, conserve également des tentures murales et des trumeaux du XVIIIe siècle, dont la restauration reste un chantier en cours depuis 2013.

Selon l’architecte des Bâtiments de France, la villa se distingue par son ordonnancement rare, évoquant certaines dispositions du château de Voltaire à Ferney. Sa façade principale, avec un avant-corps en saillie et un fronton cintré, est encadrée par deux pavillons reliés par une grille en hémicycle. À l’arrière, un avant-corps demi-sphérique et une terrasse avec escaliers mènent à un petit jardin, reflétant l’élégance des hôtels particuliers du XVIIIe siècle.

Les sources historiques, comme le cadastre napoléonien de 1845, confirment la construction de la villa dans le dernier tiers du XVIIIe siècle. Une plaque de cheminée datée de 1772 dans la salle à manger en atteste. Le cadastre révèle aussi l’ajout postérieur d’un jardin avec massifs et allées, probablement contemporain de la villa. Ces éléments, combinés aux archives de l’association ARPADI, soulignent son rôle dans l’histoire locale et son lien avec la migration des Savoyards catholiques sous l’impulsion du Comte de la Forest-Divonne.

Liens externes