Construction initiale Xe siècle (≈ 1050)
Forteresse édifiée par les Castellane.
1262–1437
Période Vintimille
Période Vintimille 1262–1437 (≈ 1350)
Premiers agrandissements et perte du caractère militaire.
1437–1613
Retour aux Castellane
Retour aux Castellane 1437–1613 (≈ 1525)
Démolition du donjon, extension vers le nord.
1613
Passage aux Forbin
Passage aux Forbin 1613 (≈ 1613)
Château transmis par mariage.
1750–1767
Transformation en résidence d’agrément
Transformation en résidence d’agrément 1750–1767 (≈ 1759)
Travaux majeurs sous Louis-Roch de Forbin.
1789
Pillage révolutionnaire
Pillage révolutionnaire 1789 (≈ 1789)
Château saccagé et menacé de destruction.
1986
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 1986 (≈ 1986)
Protection officielle du château et de son parc.
2003
Sauvetage et restauration
Sauvetage et restauration 2003 (≈ 2003)
Rachat par un propriétaire privé.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château et son parc (cad. AB 113, 116 à 118, 120, 121) : classement par arrêté du 23 juin 1986
Personnages clés
Famille de Castellane - Fondateurs et premiers propriétaires
Édifie la forteresse au Xe siècle.
Comtes de Vintimille - Propriétaires (1262–1437)
Transforment le château en résidence moins militaire.
Louis-Roch de Forbin - Officier et mécène
Dirige les travaux du XVIIIe siècle.
Origine et histoire
Le château de La Verdière trouve ses origines au Xe siècle, lorsque la famille de Castellane, l’une des plus anciennes de Provence, y érige une forteresse stratégique dominant la route entre Arles et Castellane. Le bâtiment initial, orienté nord-ouest/sud-est, comprend deux salles superposées : une salle basse creusée dans le rocher et une grande salle pouvant accueillir 200 à 300 hommes. La forteresse, à vocation militaire, contrôle alors un axe majeur de la région. Une chapelle castrale, remplacée plus tard par l’église paroissiale actuelle, est adossée à l’aile ouest du château.
Au XIIIe siècle, sous la maison de Vintimille (1262–1437), le château subit ses premiers grands travaux, perdant progressivement son caractère défensif. Un donjon est ajouté, et une église romane remplace la chapelle primitive. Au XVe siècle, la famille de Castellane récupère le domaine par succession et poursuit les aménagements. Entre 1437 et 1613, le donjon est démoli, mais l’édifice s’étend vers le nord avec de nouveaux bâtiments, des salles voûtées en contrebas (écuries), et un jardin appelé « le manège ». L’église, dotée d’un clocher, devient indépendante du château et sert toujours de lieu de culte au village.
Au XVIIe siècle, le château passe aux Forbin par le mariage d’Aymare de Castellane avec Vincent-Anne de Forbin-Maynier. Bien que la famille n’y réside pas, elle y ajoute une tour d’angle, un escalier à double rampe pour accéder aux terrasses, et une tribune privée dans l’église, permettant au seigneur d’assister aux offices à l’abri des regards. La transformation majeure intervient cependant entre 1750 et 1767, lorsque Louis-Roch de Forbin, officier du roi, entreprend d’immenses travaux pour en faire une résidence d’agrément. Le château s’enrichit alors d’une terrasse de 40 mètres, de 22 salons, d’une salle de bal de 30 mètres, d’une bibliothèque, et de gypseries couvrant plusieurs milliers de mètres carrés – les plus vastes de France. Ces décors, typiquement provençaux, ornent murs et plafonds, faisant du château un joyau architectural.
Classé monument historique en 1986, le château échappe de peu à la destruction. Pendant la Révolution française, il est pillé par les villageois, puis menacé de démolition (le département promet 30 000 francs pour sa destruction). Sa situation en hauteur, risquant d’endommager les habitations en contrebas, le sauve in extremis. Au XIXe siècle, il accueille brièvement 800 soldats révolutionnaires en 1851, lors d’une insurrection à Aups. Après une période d’abandon au XXe siècle, il est racheté en 2003 par un propriétaire privé qui le restaure. Aujourd’hui encore habité, il se visite avec un conférencier et conserve ses 365 portes et fenêtres, ainsi que ses 5 000 m2 de bâtiments.
Le château de La Verdière incarne près de mille ans d’histoire provençale, marqué par trois grandes familles (Castellane, Vintimille, Forbin) et une évolution architecturale unique, du château fort médiéval au palais baroque. Ses gypseries, ses salons fastueux et son panorama exceptionnel (embrassant le Ventoux, le Luberon, et les Maures) en font un témoignage rare de l’art de vivre aristocratique en Provence aux XVIIe et XVIIIe siècles.
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