Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le portail d'entrée : inscription par arrêté du 9 mars 1944
Personnages clés
Gilbert de Vieilbourg - Grand prieur (1663–1672)
Commanditaire du portail et du logis.
Louis des Escotais - Dernier grand prieur
Quitta les lieux pendant la Terreur.
Origine et histoire
Le Grand Prieuré d'Aquitaine, aussi appelé hôtel des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, trouve ses origines à Poitiers dès 1317, après la dissolution de l'ordre du Temple. Ses biens furent alors transférés aux Hospitaliers, qui y établirent un prieuré. Ce site devint l’un des trois grands prieurés de l’ordre en France, aux côtés de ceux de Champagne et de France. Le monument actuel, construit au XVIIe siècle, conserve des traces de cette histoire médiévale, notamment dans son pignon nord datant de la fin du XVe siècle.
Le portail monumental, érigé en 1667 sous le grand prieur Gilbert de Vieilbourg (1663–1672), est un témoignage majeur de cette période. Orné de bossages et de sculptures, il porte le blason et le nom de son commanditaire. Ce portail, inscrit aux monuments historiques depuis 1944, marque l’entrée originelle sur la Grand-Rue. Derrière lui, le logis principal, achevé la même année, abrite une charpente remarquable, des salles voûtées, et une salle d’archives ajoutée vers 1730 pour conserver les titres du prieuré.
L’hôtel fut vendu comme bien national pendant la Révolution, et son dernier grand prieur, Louis des Escotais, quitta les lieux durant la Terreur avant d’y mourir peu après. Au XIXe siècle, le site fut morcelé : les communs sud furent revendus en 1880, et des constructions ultérieures modifièrent l’accès par la rue Montgautier. En 1988, les façades, toitures, l’escalier, les puits et la salle d’archives furent également classés, préservant ainsi une partie de ce patrimoine hospitalier.
Aujourd’hui, le Grand Prieuré se compose de plusieurs propriétés privées. Son portail, toujours visible sur la Grand-Rue, contraste avec l’accès actuel par la cour de la rue Montgautier. Les vestiges architecturaux, comme la citerne voûtée ou les pièces cloisonnées, rappellent son passé de résidence priorale et de centre administratif pour l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem en Aquitaine.
Le site illustre ainsi les transformations d’un monument religieux en patrimoine civil, marqué par les aléas de l’histoire, de la commanderie médiévale à la division contemporaine. Son inscription à l’inventaire des monuments historiques en fait un témoin privilégié de l’héritage hospitalier en Poitou.
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