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Château à Saint-Saturnin en Lozère

Lozère

Château

    5 Route du Montet
    48500 Saint-Saturnin
Château
Château
Château
Château
Château
Crédit photo : Sanguinez - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIIe siècle
Première mention royale
1307-1656
Période des Montferrand
1649
Construction du nouveau logis
XVIe siècle
Travaux d'Antoine II
1905
Légs à l'évêché de Mende
1995
Inscription aux Monuments Historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château (cad. A 313, 314) : classement par arrêté du 6 novembre 1995

Personnages clés

Antoine II de la Tour Saint Vidal - Seigneur de Saint-Saturnin (XVIe siècle) Responsable des embellissements Renaissance.
Casimir d’Yzarn de Freissinet de Valady - Dernier propriétaire privé Légua le château à l’évêché.
Famille Montferrand - Propriétaires (1307-1656) Lignée maternelle d’Urbain V.

Origine et histoire

Le château de Saint-Saturnin, situé en Lozère dans l’ancien Gévaudan, est mentionné dès le XIIIe siècle comme possession royale servant à verrouiller la frontière entre le domaine du roi de France et le Rouergue. Construit sur un plan presque carré, il est cantonné de trois tours rondes et d’un donjon carré médiéval couronné de mâchicoulis, datant probablement de la fin du XIIIe ou du début du XIVe siècle. Ce donjon, unique vestige royal subsistant dans la vallée du Lot, témoigne des conflits entre le roi de France et l’évêque de Mende, période durant laquelle les châteaux furent renforcés.

De 1307 à 1656, le château appartient à la puissante famille des Montferrand, proches parents du pape Urbain V, puis passe aux mains des Cénaret. Au XVIe siècle, Antoine II de la Tour Saint Vidal, seigneur des lieux, entreprend d’importants travaux d’embellissement, dont la façade Sud et une aile ouest reliant le corps de logis à la tour Nord-Ouest. Le château devient alors un quadrilatère complet, abritant logis, écuries et fours. Pendant les guerres de Religion, il sert de garnison royale, illustrant son rôle stratégique dans la région.

Au milieu du XVIIe siècle (1649), un nouveau logis est construit, comme en témoigne une clef d’arc retrouvée dans les ruines. Cependant, abandonné à partir du XIXe siècle, le château tombe en ruine : en 1968, l’inventaire national le décrit comme délabré, avec des planchers effondrés et des éléments architecturaux vendus (comme le portail Renaissance, transféré au château de la Caze). La tour carrée, presque intacte, reste un exemple rare de donjon royal dans la région.

En 1995, le château est inscrit aux Monuments Historiques grâce à l’intervention d’une famille attachée au Gévaudan, qui entreprend une restauration intégrale à partir des plans et archives. Les travaux permettent de reconstituer pierre par pierre le logis et les éléments disparus, sauvant ainsi l’édifice de la destruction. Aujourd’hui, le château, propriété privée, conserve ses trois tours rondes et son donjon carré, couverts d’ardoise, ainsi que les vestiges de son escalier à mur noyau et de ses baies trilobées médiévales.

Une légende médiévale entoure le château : les passagers devant saluer les seigneurs sous peine d’emprisonnement. Ceux qui omirent le rituel furent enfermés, puis forcés de danser sur des pierres brûlantes pour regagner leur liberté. Ce récit illustre le pouvoir arbitraire des seigneurs locaux et les coutumes féodales de l’époque.

Le dernier propriétaire, Casimir d’Yzarn de Freissinet de Valady, légua le château à l’évêché de Mende en 1905. La vente financera le portail néo-gothique de la cathédrale. Les armoiries de la famille, visibles sur le portail vendu au château de la Caze, rappellent leur longue possession des lieux, marquée par des transformations majeures aux XVIe et XVIIe siècles.

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