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Château de Chaumont en Haute-Savoie

Haute-Savoie

Château de Chaumont

    819 Route de Saint-Jean
    74270 Chaumont

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
2000
XIe siècle
Premières mentions du fief
1174
Première attestation écrite
1178
Hommage à Saint-Maurice d’Agaune
1310
Franchises du bourg
1355
Passage à la Savoie
1536
Démantèlement par François Ier
1589-1590
Attaques bernoises et genevoises
1630
Destruction définitive
2009
Restauration de la tour maîtresse
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Guillaume de Chaumont - Vassal des comtes de Genève Témoin à l’accord de Seyssel (1124).
Guillaume Ier de Genève - Comte de Genève Rend hommage à Saint-Maurice en 1178.
Aymon II de Genève - Comte de Genève Reçoit l’hommage de Pierre de Bossy (1273).
Agnès de Châlons - Dame de Chaumont Veuve d’Amédée II, réside au château (1308).
François Ier - Roi de France Ordre de démantèlement en 1536.
Emmanuel-Philibert de Savoie - Duc de Savoie Reconstruit le château après 1536.
Marc-Louis Deschamps - Conseiller d’État Érige Chaumont en marquisat (1681).
Joseph-Nicolas de La Grange - Marquis du Vuache Acquiert Chaumont en 1774.

Origine et histoire

Le château de Chaumont, édifié au XIIe siècle, est un ancien château fort dont les ruines surplombent la commune de Chaumont, en Haute-Savoie. Situé à 636 mètres d’altitude sur un éperon rocheux, il contrôlait le passage stratégique du « Malpas » et protégeait le nord-ouest du comté de Genève. Son emplacement offrait une vue panoramique sur les gorges du Fornant et verrouillait une route médiévale majeure reliant Genève à Seyssel, héritée d’une voie romaine secondaire.

À l’origine, le château appartenait aux comtes de Genève, qui en firent un fief relevant de leur autorité. Dès le XIe siècle, il est mentionné comme possession des sires de Chaumont, vassaux des comtes. En 1174, le castra est attesté pour la première fois dans les textes, avant d’être cédé aux comtes de Genève entre 1160 et 1178. En 1178, Guillaume Ier de Genève en rend hommage à l’abbé de Saint-Maurice d’Agaune, suggérant une origine ecclésiastique possible des droits sur le site. Au XIIIe siècle, des familles nobles comme les Bossy ou les Sallenove y détiennent des possessions.

Le château devient le siège d’une châtellenie comtale, gérée par des officiers nommés par les comtes de Genève, puis de Savoie à partir de 1355. Son rôle administratif et militaire persiste jusqu’aux guerres du XVIe siècle : démantelé en 1536 par les troupes de François Ier pendant l’occupation française, il est reconstruit par Emmanuel-Philibert de Savoie avant d’être attaqué en 1589-1590 par les Bernois et Genevois. En 1630, Louis XIII ordonne sa destruction définitive, réduisant le site à l’état de ruines. Au XVIIIe siècle, le marquisat de Chaumont est érigé pour la famille Deschamps, puis acquis par Joseph-Nicolas de La Grange.

Architecturalement, le château se composait de deux ou trois enceintes successives, avec une tour maîtresse romane quadrangulaire (11×9 m) caractéristique des Bergfrieden médiévaux. Une tour ronde du XIIIe siècle renforçait l’angle est, tandis qu’un corps de logis et un grand logis complétaient l’ensemble. Les fouilles ont révélé un système d’adduction d’eau en sapin. La tour maîtresse a été restaurée en 2009. Le site dominait un bourg fortifié, qui reçut ses franchises en 1310.

La châtellenie de Chaumont s’étendait sur les versants du Vuache, incluant des communes comme Dingy-en-Vuache, Marlioz ou Chessenaz. Au XVe siècle, elle couvrait un territoire stratégique entre le Rhône et la Semine, avec des activités viticoles (comme à Musiège) et un rôle de péage sur les axes commerciaux. Les comptes de châtellenie, conservés depuis 1356, documentent son administration sous les comtes de Savoie, avec des châtelains chargés de la gestion fiscale et de l’entretien du château.

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