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Château de Crémel à Monceaux-en-Bessin dans le Calvados

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Manoir
Calvados

Château de Crémel

    Rue de Tilly sur Seulles
    14400 Monceaux-en-Bessin
Château de Crémel
Château de Crémel
Château de Crémel
Château de Crémel
Château de Crémel
Château de Crémel
Crédit photo : Pimprenel - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1638
Acquisition par Jean Le Patou
vers 1642
Construction du manoir actuel
3 novembre 1674
Vente aux Gigault de Bellefonds
5 juillet 1771
Vente à Hervé Guillaume d’Aigneaux
25 juin 1928
Classement monument historique
2000-2014
Restauration complète
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

L'ancien château de Crémel, devenu ferme : inscription par arrêté du 25 juin 1928 - Les murs de clôture du château (cad. AB 6 à 8, lieudit Hameau de Crémel) : inscription par arrêté du 26 avril 2012

Personnages clés

Jean Le Patou (père) - Président de l’élection de Bayeux Constructeur du manoir vers 1642.
Jean Le Patou (fils) - Conseiller à la cour des aides Héritier du domaine en 1670.
Bernardin Gigault de Bellefonds - Maréchal de France Acquéreur en 1674 après saisie.
Louis Christophe Gigault - Fils du maréchal, militaire Époux de Marie Olympe Mazarin.
Hervé Guillaume d’Aigneaux - Noble propriétaire en 1771 Acheteur avant transmission familiale.
Guillaume Mayet - Propriétaire depuis 1846 Famille actuelle détentrice du domaine.

Origine et histoire

La ferme-manoir de Crémel, située à 1,8 km au nord de Monceaux-en-Bessin dans le Calvados, est un exemple emblématique des « fermes-manoir du Bessin ». Construite vers 1642 par Jean Le Patou, sieur de la Montagne, elle a conservé une homogénéité architecturale unique, avec des éléments datant du XIe siècle. Ce président de l’élection de Bayeux et conseiller à la cour des aides de Rouen acquiert le domaine en 1638 après un défaut de remboursement de prêt. Son fils, Jean Le Patou, en hérite avant que le domaine ne soit saisi en 1674 et adjugé à Bernardin Gigault de Bellefonds, maréchal de France et ambassadeur d’Espagne.

Le manoir, jamais habité par ses propriétaires successifs de 1670 à 2000, est donné en fermage. Il passe entre les mains de familles nobles, dont les Beauvilliers et les d’Aigneaux, avant d’être vendu en 1846 à Guillaume Mayet, dont les descendants en sont toujours propriétaires. Le logis seigneurial, flanqué d’une tour carrée et d’un toit en hache, domine des bâtiments annexes (pressoir, écuries, grange) remarquablement conservés. Deux cadrans solaires, l’un sur le portail et l’autre sur le logis, marquent les heures matinale et vespérale.

Classé monument historique en 1928 pour le château et en 2012 pour ses murs de clôture, le domaine bénéficie d’une restauration complète entre 2000 et 2014. Cette intervention, récompensée en 2015 par un diplôme des Vieilles Maisons Françaises, a permis de préserver son authenticité, notamment ses lucarnes ornées, ses cheminées à frontons, et son pressoir en pierre de Creully, rare dans la région. L’accès se fait par un portail monumental à bretèches, typique de l’architecture locale du XVIIe siècle.

L’histoire de Crémel reflète les mutations sociales et économiques de la Normandie, depuis son rôle de résidence seigneuriale jusqu’à son exploitation agricole continue. Les familles proprietaires, souvent liées à la noblesse de robe ou d’épée (comme les Gigault de Bellefonds ou les Mancini-Mazarin par alliance), illustrent les réseaux d’influence de l’Ancien Régime. Aujourd’hui, le site allie patrimoine architectural et mémoire rurale, témoignant de la vie des fermes-manoirs dans le Bessin.

Liens externes