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Domaine de Saint-Just dans l'Eure

Eure

Domaine de Saint-Just

    120 Avenue du Château
    27950 La Chapelle-Longueville
Domaine de Saint-Just
Domaine de Saint-Just
Domaine de Saint-Just
Crédit photo : Phaubry - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIIIe siècle
Premier château
1608
État des biens du fief
1654
Vente à Jean de Savary
4e quart XVIe siècle
Construction du manoir
1775
Acquisition par le duc de Penthièvre
1793
Vente comme bien national
1816–1825
Restauration par le maréchal Suchet
1885
Acquisition par la famille de Maistre
1995–1997
Protection monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château et ensemble du bâti (cad. AC 5, 6 ; AD 27, 28 ; AE 7, 9, 11, 22, 23, 444) : inscription par arrêté du 13 octobre 1995 - Parc du château, avec l'ensemble de la clôture, les terrasses (à l'exception de tout autre élément bâti) , le réseau hydraulique en totalité et l'avenue du château (cad. AC 5, 6 ; AD 27, 28 ; AE 7, 9, 11, 22, 23, 444) : classement par arrêté du 3 novembre 1997

Personnages clés

Jacques de Croismare (ou Croixmare) - Constructeur du manoir Fin XVIe siècle, première demeure.
Jean de Savary - Propriétaire et aménageur Transforme le parc en jardin français.
Duc de Penthièvre - Propriétaire et bienfaiteur Crée un hospice pour serviteurs.
Maréchal Suchet, duc d’Albufera - Restaurateur du XIXe siècle Décor Empire, parc à l’anglaise.
Jacques Lacornée - Architecte Redessine le rez-de-chaussée vers 1816.
Belguise - Jardinier-paysagiste Transforme le parc en 1825.

Origine et histoire

Le domaine de Saint-Just trouve ses origines au XIIIe siècle, avec les vestiges d’un premier château encore visibles. À la fin du XVIe siècle, Jacques de Croismare (ou Croixmare) fait construire une nouvelle demeure, décrite en 1608 comme un manoir entouré de communs, d’une orangerie, de jardins, et d’une avenue d’ormes. Le domaine inclut alors des vignes, des moulins, une chapelle et des terres cultivables. Ces éléments sont attestés par un état des biens du fief conservé aux Archives nationales.

En 1654, le domaine est vendu à Jean de Savary, écuyer et grand maître des Eaux et Forêts de Normandie. Sous sa famille, le parc est transformé en jardin à la française, avec un circuit d’eau et un potager. Un plan de 1744 documente cet aménagement. En 1775, le duc de Penthièvre acquiert le château et le convertit en hospice pour ses serviteurs âgés, ajoutant une laiterie, une glacière, et une infirmerie. À sa mort en 1793, le domaine est vendu comme bien national.

Au début du XIXe siècle, le maréchal Suchet, duc d’Albufera, devient propriétaire et entreprend d’importants travaux entre 1816 et 1825. L’architecte Lacornée redessine le rez-de-chaussée dans un style Empire, tandis que le jardinier Belguise transforme une partie du parc en jardin à l’anglaise. Après la mort du maréchal en 1826, sa veuve divise la propriété. Depuis 1885, le château appartient à la même famille, qui restaure progressivement le parc : replantation de l’avenue en platanes (1893), curage des pièces d’eau (1905), et remise en eau des goulettes (1935).

Le château et son parc sont protégés au titre des monuments historiques depuis 1995 (inscription) et 1997 (classement pour le parc et son réseau hydraulique). Les jardins, alliant héritage des XVIIe et XIXe siècles, sont labellisés Jardin remarquable. Le domaine conserve des éléments architecturaux variés, comme une glacière en brique, des terrasses maçonnées, et un miroir d’eau, témoignages de ses multiples transformations.

Un détail singulier : en 1798, l’épouse de Sébastien-Gilles Huet de Guerville est inhumée dans le parc, son mausolée réutilisant des éléments funéraires du XVIe siècle provenant de l’église de Mercey. Ce fait illustre les réemplois et strates historiques du site.

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