Fondation du temple gallo-romain Ier siècle (≈ 150)
Bâtiment carré, probable *fanum* dédié à Elausia.
691–889
Construction de l’église primitive
Construction de l’église primitive 691–889 (≈ 790)
Rectangle de 12,5 x 6,5 m, orientation est-ouest.
Xe–XIe siècles
Ajout du clocher-chœur
Ajout du clocher-chœur Xe–XIe siècles (≈ 1150)
Réemploi de pierres gallo-romaines, fond plat.
Début XIIIe siècle
Voûte en berceau brisé
Voûte en berceau brisé Début XIIIe siècle (≈ 1304)
Agrandissement avec travée 3 et fenêtres romanes.
Milieu XVe siècle
Dernier agrandissement gothique
Dernier agrandissement gothique Milieu XVe siècle (≈ 1550)
Travée 4 ogivale, chœur déplacé.
1674–1712
Ajouts baroques
Ajouts baroques 1674–1712 (≈ 1693)
Chapelles latérales et faux-transept.
Années 1840
Abandon et désacralisation
Abandon et désacralisation Années 1840 (≈ 1840)
Remplacée par une nouvelle église.
1858–1870
Utilisation comme atelier de poterie
Utilisation comme atelier de poterie 1858–1870 (≈ 1864)
Démolition partielle (transept, chapelles sud).
Années 1930
Effondrement du toit
Effondrement du toit Années 1930 (≈ 1930)
Abandon définitif avant restauration.
1990–1995
Sauvegarde et consolidation
Sauvegarde et consolidation 1990–1995 (≈ 1993)
Déblaiement, travaux, sondages archéologiques.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
Julia Avita - Dédicante gallo-romaine
Fille de Sextus, auteure de la dédicace à Elausia.
Origine et histoire
L'église Saint-Pierre-aux-Liens de Grésy-sur-Isère, en Savoie, est une ancienne église catholique aujourd’hui en ruine. Elle est édifiée sur les fondations d’un bâtiment gallo-romain carré du Ier siècle, probablement un fanum dédié au dieu indigène Elausia. Une pierre réemployée dans le clocher porte une inscription latine attestant cette origine antique : « [I]ulia Sexti filia Avita Elausiae [ex] voto », dédicace de Julia Avita, fille de Sextus, à la suite d’un vœu.
L’église primitive, datée entre 691 et 889 grâce à des analyses de charbon de bois, était un rectangle de 12,5 x 6,5 m. Orientée est-ouest, elle fut agrandie aux Xe–XIe siècles par un clocher-chœur à fond plat, puis au XIIIe siècle par une voûte en berceau brisé et deux fenêtres romanes. Un dernier agrandissement au XVe siècle ajouta une travée ogivale et déplaça le chœur, avant l’adjonction de chapelles latérales (1674–1682) et d’un faux-transept (1712).
Abandonnée dans les années 1840 pour une nouvelle église au centre du village, elle fut désacralisée et vendue. Transformée en atelier de poterie (1858–1870), puis en grange, elle s’effondra partiellement dans les années 1930. Sauvegardée à partir de 1990, elle est aujourd’hui protégée par une structure métallique transparente et accueille des concerts.
Les fouilles et consolidations menées depuis 1995 ont révélé son évolution architecturale complexe, mêlant réemplois antiques et transformations médiévales. Le site illustre la superposition des époques, depuis le culte gallo-romain jusqu’à l’art roman et gothique, avant son déclin moderne. La protection actuelle préserve ce patrimoine hybride, témoin de près de deux millénaires d’histoire religieuse et artisanale.