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Mairie et maisons de la place à Saint-Sulpice-sur-Lèze en Haute-Garonne

Haute-Garonne

Mairie et maisons de la place

    4 bis Place de L Hôtel de ville
    31410 Saint-Sulpice-sur-Lèze
Crédit photo : Paternel 1 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1800
1900
2000
1257
Fondation de la bastide
1839
Plan cadastral
début XIXe siècle
Construction de l’hôtel particulier
1933
Acquisition par la commune
11 avril 1950
Classement des façades
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades avec couverts : inscription par arrêté du 11 avril 1950

Personnages clés

Alphonse de Poitiers - Fondateur de la bastide Créa Saint-Sulpice-sur-Lèze en 1257.
Édouard de Boutaud - Commanditaire de l’hôtel Fit construire le bâtiment au début du XIXe.
Jacques Ayrail - Marchand aisé du XVIe siècle Possédait deux maisons sur la place.

Origine et histoire

La mairie de Saint-Sulpice-sur-Lèze est un hôtel particulier du XVIIe siècle, construit en brique avec une façade ordonnancée de neuf travées, divisée par des pilastres colossaux en brique surmontés de chapiteaux corinthiens en pierre. Le bâtiment, de plan rectangulaire (33 m de long), s’élève sur deux étages et un rez-de-chaussée à arcades en plein-cintre. Son toit à longs pans est couvert de tuiles creuses, et la façade sud, donnant sur la place, contraste avec l’élévation nord, plus simple mais toujours monumentale. L’intérieur conserve des éléments décoratifs remarquables, comme un escalier en pierre, des salons ornés de cheminées en marbre, et un salon de billard avec un décor peint monumental.

La bastide de Saint-Sulpice-sur-Lèze, fondée en 1257 par Alphonse de Poitiers, a conservé sa place centrale quadrilatère bordée d’arcades. L’hôtel particulier, bien que datant du XVIIe siècle dans son style architectural, a en réalité été édifié au début du XIXe siècle pour Édouard de Boutaud, en même temps que ses dépendances (orangerie, parc, et communs). Ces derniers, visibles sur le cadastre de 1839, abritaient initialement des cuviers et des celliers. L’ensemble a été acquis par la commune en 1933 pour y installer la mairie, remplaçant ainsi son usage résidentiel.

L’hôtel présente un état de conservation exceptionnel, avec des décors intérieurs du XIXe siècle, comme des papiers peints, des lambris, et des cheminées en marbre. Le salon de billard, en hémicycle, est particulièrement remarquable pour sa scène peinte panoramique et son lambris d’appui. Les communs, aujourd’hui transformés en bureaux municipaux, ont perdu leur comble à surcroît d’origine. La façade de la mairie, classée en 1950, illustre l’évolution architecturale de la bastide, où les maisons à pans de bois côtoyaient dès le XVIe siècle des édifices plus imposants.

Au milieu du XIXe siècle, l’hôtel appartenait à la famille Carrière, puis aux Dehoey dans les années 1880. Un plan du début du XXe siècle révèle une organisation spatiale typique des demeures bourgeoises : salons d’apparat au premier étage (salons Louis XVI, de musique, et de billard), chambres familiales et domestiques à l’étage supérieur, et cuisines au rez-de-chaussée. Des graffitis datés des années 1850, gravés sur un montant de porte, témoignent de la vie des enfants de la famille (Alexandre et Louise).

La place de la bastide, cœur historique du village, était initialement bordée de maisons à couverts, dont certaines en pans de bois. Le compoix de 1578 mentionne sept maisons au nord de la place, appartenant pour deux d’entre elles à Jacques Ayrail, un marchand aisé. Contrairement à d’autres bastides, ce secteur ne concentrait pas encore d’hôtels particuliers à cette époque. L’hôtel actuel, bien que de style classique, s’inscrit dans une tradition urbaine où les édifices publics reprennent les codes de l’architecture privée aristocratique.

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