Logo Musée du Patrimoine

Tout le patrimoine français classé par régions, départements et villes

Ancienne usine dans les Ardennes

Ardennes

Ancienne usine

    3 Place du Château
    08200 Vrigne aux Bois
Crédit photo : Adri08 - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1800
1900
2000
1817
Demande d'installation de la forge
1820
Projet de haut fourneau
1824
Ordonnance royale et construction
1825
Achèvement des logements
1845
Décès de Jean-Nicolas Gendarme
1876-1969
Exploitation par locataires
1991
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures des bâtiments de la forge Jean-Nicolas Gendarme, y compris les deux halles à charbon, la halle au haut-fourneau, la forge et l'émonderie ; site de la forge de Jean-Nicolas Gendarme, y compris l'étang et le système hydraulique ; façades et toitures des anciens logements d'ouvriers de l'usine ; façades et toitures de l'ancien château du maître de forge (cad. AD 104, 139, 140, 284 ; ZC 44) : inscription par arrêté du 18 octobre 1991

Personnages clés

Jean-Nicolas Gendarme - Maître de forges et fondateur Créa la forge et le haut fourneau.
Marie Marguerite Gendarme-Evain - Héritière de l’usine Transmit l’usine après 1845.
Famille Creton - Derniers exploitants Géra l’usine de 1935 à 1969.

Origine et histoire

L’ancienne usine de Vrigne-aux-Bois, dite Forge Gendarme, fut édifiée au début du XIXe siècle par le maître de forges Jean-Nicolas Gendarme. En 1817, il obtint l’autorisation d’installer une forge à deux feux pour fabriquer des boulets d’artillerie dans un ancien moulin détruit en 1791. En 1820, il demanda à construire un haut fourneau près de l’étang de Saint-Basle, mais le projet fut finalement réalisé sur le ruisseau de la Vrigne, à l’emplacement d’un moulin acquis en 1813. Une ordonnance royale de 1824 valida ce haut fourneau, complété par des étangs, des halles à charbon, et des logements (patronaux et ouvriers) achevés en 1825.

Le site industriel comprenait quatre halles parallèles abritant la forge, le haut fourneau, et des réserves de charbon, ainsi qu’une scierie et des bocards. En 1845, à la mort de Gendarme, l’usine passa à sa fille, Marie Marguerite, épouse d’Evain, puis fut louée à partir de 1876 à des familles comme les Dardenne et les Creton, qui l’exploitèrent jusqu’à sa fermeture en 1969. Modernisée avec des turbines et une machine à vapeur, l’usine produisait annuellement 800 000 kg de fonte (pour fers à repasser et boulets) et 1 300 000 kg de fer en barre, alimentée par du minerai local et du charbon de Liège. Inscrite aux Monuments Historiques en 1991, une partie de sa toiture s’effondra en 1985.

Les bâtiments, en moellons calcaires et pierre de taille, illustrent l’architecture industrielle de l’époque, avec des façades soignées et des lucarnes caractéristiques. Le logement patronal, transformé en école, arbore un fronton sculpté de boulets, symbole de la fortune de Gendarme, liée aux commandes militaires. Les logements ouvriers, appelés la Caserne, portent des tirants en fer datés de 1825. Le site, avec ses étangs et son système hydraulique, reste un exemple remarquable de l’industrie métallurgique ardennaise du XIXe siècle, marqué par l’innovation technique et l’organisation sociale des forêts et des mines locales.

Liens externes