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Château de Montanier en Haute-Savoie

Haute-Savoie

Château de Montanier

    561 Route des Pleignes
    74340 Samoëns

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1305-1309
Création de la châtellenie
1309
Première mention écrite
1339
Cession à Hugues de Genève
XIIIe siècle
Construction présumée
1476
Destruction probable
1699
Achat par les Salteur de la Serraz
1906
Intégration à La Jaÿsinia
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Hugues de Genève - Seigneur et bénéficiaire Reçoit le château en 1339 pour soutien militaire.
Humbert Ier (dauphin de Viennois) - Propriétaire initial Hypothèque le château en 1309.
Marie (fille d'Amédée V de Savoie) - Bénéficiaire de la dot Mariage financé par l'hypothèse du château.
Famille Salteur de la Serraz - Acquéreurs en 1699 Transforment la seigneurie en marquisat.
Albanis Beaumont - Historien (1802) Émet une hypothèse burgonde non prouvée.
Lucien Guy - Érudit local (1929) Étudie les toponymes du château.

Origine et histoire

Le château de Montanier, aussi appelé Montagnier ou Montagny, est un ancien château fort probablement édifié au XIIIe siècle, bien que sa première mention écrite ne remonte qu’au début du XIVe siècle. Ses ruines se dressent sur un rocher escarpé à 200 mètres au-dessus du bourg de Samoëns, en Haute-Savoie, contrôlant stratégiquement la haute-vallée du Giffre et les accès aux cols alpins comme Joux Plane ou la Golèse. Son nom, sous diverses formes (Montanerii, Tornaltaz), évoque sa position montagneuse, et il fut parfois confondu avec la « Tournellette », un autre nom local lié à une tradition de chasse médiévale.

Entre 1305 et 1309, le château devient le centre d’une châtellenie, détachée de Châtillon, et est mentionné pour la première fois en 1309 comme hypothéqué pour financer la dot d’un mariage entre les maisons de Savoie et du Dauphiné. En 1339, il est cédé à Hugues de Genève en échange de son soutien lors des guerres delphino-savoyardes, avant de revenir définitivement à la maison de Savoie en 1355. Les comptes de châtellenie, conservés aux Archives de Savoie, révèlent une fortification modeste mais organisée : corps de logis, prisons, salles lambrissées, et une tour de 3x4 mètres. Son entrée principale, à l’est, était protégée par une archière à l’ouest.

Le château est probablement détruit en 1476 lors de l’incendie de Samoëns par les Valaisans, dans le contexte des guerres de Bourgogne opposant Savoyards et Confédérés suisses. Non restauré par la suite, il tombe en ruines et son territoire, incluant Morillon et Vallon, reste une seigneurie jusqu’à son achat en 1699 par la famille Salteur de la Serraz. Au XVIIe siècle, ses armes se blasonnaient de « trois paux de gueules sur or avec un pin ». Depuis 1906, ses vestiges, partiellement transformés en abri, sont intégrés au jardin botanique alpin La Jaÿsinia, fondé par la fondation Cognacq-Jay.

Les fouilles et archives permettent de reconstituer son organisation : une enceinte circulaire de 75 mètres de circonférence, adaptée à la motte naturelle, et des aménagements intérieurs reflétant son rôle administratif et défensif. Bien qu’Albanis Beaumont (1802) évoque une origine burgonde au Xe siècle, aucune preuve archéologique ne confirme cette hypothèse. Les premières mentions fiables placent sa construction entre le XIIIe et le XIVe siècle, dans un contexte de rivalités féodales entre Savoie, Dauphiné et Genève.

Le site, autrefois appelé « le Château », illustre l’évolution des fortifications médiévales en Faucigny, une région organisée autour de neuf châtellenies au XIIe siècle, puis quinze sous la période delphinale. Samoëns, 7e dans l’ordre de préséance, jouait un rôle clé dans la gestion des vallées alpines et des cols stratégiques. Aujourd’hui, les ruines, bien que discrètes, offrent un témoignage tangible de ce passé, préservé au sein d’un espace botanique dédié à la flore alpine.

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