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Manoir de la Grande Courteille en Mayenne

Mayenne

Manoir de la Grande Courteille

    1 La Grande Courteille
    53960 Bonchamp-lès-Laval

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1413
Première mention écrite
début XVIe siècle
Construction du manoir
1631
Construction de la chapelle
1636
Décrét pour deux messes hebdomadaires
1677
Conflit sur la rétribution du chapelain
1745
Autorisation de messes estivales
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Jean de Launay - Bourgeois et marchand de Laval Commanditaire du manoir au XVIe siècle.
M. Périer de la Bizardière - Chanoine de Saint-Tugal de Laval Propriétaire en 1745, obtint des droits liturgiques.
Chaplain (anonyme, 1677) - Desservant de la chapelle Réclama une meilleure rétribution en seigle.

Origine et histoire

Le manoir de la Grande Courteille, situé à 3 km au nord de Bonchamp-lès-Laval en Mayenne, trouve son origine au début du XVIe siècle. Construit par Jean de Launay, bourgeois et marchand de Laval, il se distingue par une tour à cinq pans et des ouvertures à meneaux ou accolades. À l’intérieur, des cloisons en menuiserie à plis de serviette et une piscine en granit témoignent de son raffinement architectural. Le fief, vassal de la Coconnière, conférait à son détenteur des privilèges comme un banc dans l’église paroissiale.

La chapelle, érigée en 1631 au sud du manoir, est marquée par le monogramme I.H.S. et un double pignon. Elle était dédiée à deux messes hebdomadaires dès 1636, mais des tensions surgirent en 1677 lorsque le chapelain jugea sa rétribution insuffisante. Une rente de 12 boisseaux de seigle fut alors ajoutée. En 1745, M. Périer de la Bizardière, chanoine et propriétaire, obtint l’autorisation d’y célébrer des offices les dimanches et fêtes en été, malgré une interdiction antérieure.

Le site, mentionné dès 1413 sous le nom de mestairie de la Courteille, évolua en seigneurie des Courtailles au XVIIe siècle. Le ruisseau voisin, long de 750 mètres, alimente le domaine. Les dîmes du fief étaient perçues par le prieur de Varennes-L’Enfant, affirmant son ancrage dans les structures ecclésiastiques locales. L’inscription gothique RAREI, partiellement effacée, reste un mystère dans la tour du manoir.

Architecturalement, le manoir illustre la transition entre Moyen Âge et Renaissance, avec des éléments défensifs (tour) et des décors plus ornés (accolades, menuiseries). La chapelle, avec ses cœurs sculptés et ses croix pattées, reflète la piété seigneuriale de l’époque. Le domaine, passé entre les mains de familles bourgeoises et ecclésiastiques, incarne les dynamiques sociales de la Mayenne pré-révolutionnaire.

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