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Fort de Souville à Fleury-devant-Douaumont dans la Meuse

Patrimoine classé
Vestiges de la Guerre 14-18
Patrimoine défensif
Fort

Fort de Souville

    Le Bourg
    55100 Fleury-devant-Douaumont

Frise chronologique

XIXe siècle
Époque contemporaine
1900
2000
1875-1879
Construction initiale
1888-1890
Modernisation du fort
1890-1891
Installation de la tourelle
juin 1916
Tentatives de liaison avec Vaux
11 juillet 1916
Assaut allemand sur Fleury
1916 (après-guerre)
Fermeture au public
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Gustave de la Taille - Capitaine du génie Concepteur du fort, nommé d’après son ancêtre.
Colonel Raynal - Commandant du fort de Vaux Envoya des messages désespérés à Souville.
Colonel Coquelin de Lisle - Commandant la 255e brigade Mort au combat lors de l’assaut.
François Flameng - Peintre officiel des armées Illustra les combats pour *L’Illustration*.
Bertrand de la Taille - Écuyer du XIVe siècle Ancêtre à l’origine du nom *Souville*.
Général Louis Lemoine - Nom éphémère du fort (1887) Hommage sous le décret Boulanger.

Origine et histoire

Le fort de Souville, initialement nommé fort Lemoine, fut édifié entre 1875 et 1879 comme élément de la ceinture fortifiée de Verdun, sous la direction du capitaine Gustave de la Taille. Ce dernier lui donna le nom de Souville, en référence à un hameau du Loiret lié à son ancêtre Bertrand de la Taille, écuyer au XIVe siècle. Situé à 396 m d’altitude, ce fort de première génération, en maçonnerie recouverte de terre, fut modernisé en 1888-1890 avec des abris souterrains et un magasin à poudre bétonné. Sa garnison prévoyait 326 hommes et 32 pièces d’artillerie, dont une tourelle de 155 mm ajoutée en 1890-1891.

Pendant la bataille de Verdun (1916), le fort joua un rôle stratégique comme poste de commandement entre les forts de Douaumont et de Vaux. En juin 1916, il servit de relais pour les tentatives de communication optique avec le fort de Vaux assiégé, où le colonel Raynal envoya des messages désespérés comme « Nous sommes à tout extrémité », auxquels Souville répondit « Courage, nous attaquerons bientôt. ». Les combats firent rage, notamment les 4 et 7 juin, avec des échanges interrompus par les bombardements allemands et la mort de trois soldats près de la lanterne optique.

Le 11 juillet 1916 marqua un assaut allemand massif sur Fleury-devant-Douaumont, visant à percer vers Souville. Les gardes bavarois et le 140e régiment prussien affrontèrent la 255e brigade française (167e et 168e RI), dans des combats au corps à corps, aux grenades et à la baïonnette. Malgré des pertes lourdes (plus de 50 % pour la compagnie allemande de tête), les Français, menés par le colonel Coquelin de Lisle — tué au combat —, maintinrent leurs positions. Les renforts du 100e RI permirent de repousser l’ennemi dans le « ravin de la Mort », où le commandant Forlet trouva aussi la mort. Ces événements furent documentés par le peintre François Flameng pour L’Illustration.

Aujourd’hui, le fort de Souville, propriété de l’État, est interdit d’accès en raison de sa dangerosité, mais ses abords sont intégrés à des parcours mémoriels de la bataille de Verdun. Son nom rappelle à la fois un hommage familial (Gustave de la Taille) et un épisode clé de la Première Guerre mondiale, où il incarna la résistance française face à l’avancée allemande. Le décret de 1887 du ministre Boulanger lui avait brièvement attribué le nom du général Lemoine, avant son abrogation la même année.

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