Origine et histoire de l'Abbaye d'Asnière
L'ancienne abbaye Notre-Dame d'Asnières se situe à Cizay-la-Madeleine, dans le département de Maine-et-Loire. Le site boisé fut d'abord concédé aux moines de Saint-Nicolas d'Angers, puis Bernard de Tiron y établit des religieux vers 1114 et l'abbaye est dite fondée en 1129. Giraud II Berlai, seigneur de Montreuil, contribua en 1133 à la construction d'une nouvelle église destinée à la sépulture des seigneurs de Montreuil, favorisant l'apparition du gothique angevin, dit style Plantagenêt. L'abbaye connut une grande prospérité au Moyen Âge. Les guerres de Religion marquent le début de son déclin : en 1569 elle est pillée par les huguenots, trente moines sont massacrés, les toitures et le clocher brûlent et le cloître, le réfectoire et le dortoir disparaissent. Une restauration partielle intervient sous l'abbé Verdier au début du XVIIe siècle ; la tour porte la date de 1633 et un blason aux armes de cet abbé. L'abbaye refuse ensuite de se joindre aux grandes réformes et voit son effectif diminuer : on ne compte plus que six moines en 1650, puis deux en 1746, date à laquelle elle est rattachée au collège des jésuites de La Flèche. Vendue comme bien national en 1790 à Joseph de la Selle d'Echuilly, la propriété est morcelée et consacrée à l'agriculture après l'incendie de la demeure qu'il fit construire, l'église étant transformée en hangar à fourrage. La nef est supprimée au milieu du XIXe siècle : les travaux historiques mentionnent tantôt 1853, tantôt 1857 pour son abattage et la récupération des pierres. En 1901, M. Chappée et M. de La Brière acquièrent les ruines et entreprennent des travaux de réhabilitation ; des fouilles et des exhumations ont lieu en 1902. L'édifice est classé au titre des monuments historiques le 10 février 1909 et, en 1950, M. Chappée en fait don au département de Maine-et-Loire. Au début des années 2010 le département envisage sa cession ; la commune de Cizay-la-Madeleine se porte alors acquéreur, puis, depuis le 9 avril 2014, l'abbaye est une propriété privée rachetée par Alain Suguenot et son épouse ; elle reste toutefois ouverte à la visite. Aujourd'hui, les bâtiments subsistants comprennent l'église avec sa chapelle adjacente, des vestiges de la salle capitulaire, une partie du logis abbatial, l'hôtellerie liée à la grange monastique, un cellier, un pressoir, des parties agricoles et des éléments du colombier. Le transept sud date du troisième quart du XIIe siècle ; le chœur, le transept nord, la voûte et le pan de mur conservé de la nef appartiennent au premier quart du XIIIe siècle, et la tour est du XIIIe siècle. L'ouverture au sud-est du chœur, dite chapelle de l'Abbé, est réalisée au quatrième quart du XIVe siècle ; au sud de l'église subsistent des vestiges d'un mur de la salle capitulaire ornés de chapiteaux du troisième quart du XIIe siècle. La grange monastique remonte au XIIIe siècle ; le logis abbatial est probablement du quatrième quart du XIVe siècle et a été remanié au XVIIe siècle. Dans l'hôtellerie subsistent deux salles du XIVe siècle et une du XVe siècle, tandis que des vestiges du colombier datent du XVIIe siècle. L'ensemble a été remanié et agrandi au XIXe siècle, notamment par des aménagements agricoles, et la façade antérieure a été reconstruite en 1875 par l'architecte Piet, selon les travaux historiques.