Fondation du prieuré 1114 (≈ 1114)
Établissement par Bernard de Tiron.
1129
Érection en abbaye
Érection en abbaye 1129 (≈ 1129)
Passage du prieuré à l'abbaye.
1133
Construction de l'église
Construction de l'église 1133 (≈ 1133)
Financée par Giraud II Berlai.
1569
Pillage par les huguenots
Pillage par les huguenots 1569 (≈ 1569)
30 moines massacrés, bâtiments détruits.
1635
Restauration partielle
Restauration partielle 1635 (≈ 1635)
Sous l'abbé Verdier.
1790
Vente comme bien national
Vente comme bien national 1790 (≈ 1790)
Achat par Joseph de la Selle.
1909
Classement monument historique
Classement monument historique 1909 (≈ 1909)
Protection des ruines.
2014
Rachat par un particulier
Rachat par un particulier 2014 (≈ 2014)
Acquisition par Alain Suguenot.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les ruines de l'ancienne abbaye : classement par arrêté du 10 février 1909
Personnages clés
Bernard de Tiron - Fondateur de l'abbaye
Compagnon de Robert d'Arbrissel.
Giraud II Berlai - Seigneur de Montreuil-Bellay
Donateur et protecteur de l'abbaye.
Abbé Verdier - Abbé restaurateur
Rénovation partielle en 1635.
Joseph de la Selle d'Echuilly - Acquéreur révolutionnaire
Acheteur en 1790 comme bien national.
Alain Suguenot - Propriétaire actuel
Rachat en 2014.
Origine et histoire
L'abbaye d'Asnière, située à Cizay-la-Madeleine dans le département de Maine-et-Loire, fut fondée en 1129 par Bernard de Tiron, compagnon de Robert d'Arbrissel. À l'origine un prieuré bénédictin établi vers 1114 sur un site concédé par Giraud II Berlai, seigneur de Montreuil-Bellay, elle devint une abbaye prospère grâce aux dons de ce dernier, notamment pour la construction d'une église au style gothique angevin (ou Plantagenêt). En 1137, Giraud II indemnisa les moines de Saint-Nicolas d'Angers, qui revendiquaient des droits sur le site, consolidant ainsi son développement.
Au Moyen Âge, l'abbaye connut un déclin progressif, accentué par les guerres de Religion (1562-1569). En 1569, elle fut pillée par les huguenots : 30 moines furent massacrés, et une grande partie des bâtiments (clocher, cloître, réfectoire, dortoir) fut détruite par le feu. Partiellement restaurée en 1635 sous l'abbé Verdier, elle ne comptait plus que 6 moines en 1650, puis seulement 2 en 1746, date à laquelle elle fut rattachée au collège des jésuites de La Flèche. La Révolution française marqua un tournant : vendue comme bien national en 1790, elle fut en partie démantelée au XIXe siècle.
Au XIXe siècle, les ruines furent acquises et partiellement réhabilitées, notamment par M. Chappée et M. de la Brière en 1901, qui entreprirent des fouilles. Classée monument historique en 1909, l'abbaye changea plusieurs fois de mains : donnée au département de Maine-et-Loire en 1950, mise en vente en 2012, puis rachetée en 2014 par Alain Suguenot, tout en restant ouverte à la visite. Aujourd’hui, il subsiste des vestiges significatifs, comme le transept et le chœur de l’église (XIIe-XIIIe siècles), une chapelle abbatiale du XIVe siècle, un logis abbatial, une grange monastique, et un colombier du XVIIe siècle.
L’architecture de l’abbaye reflète ses différentes périodes de construction et de remaniement. Les bâtiments principaux, en tufeau, incluent l’église (à l’exception de la nef, détruite en 1853), le logis abbatial, l’hôtellerie, la salle capitulaire, et une grange à trois vaisseaux. Le transept sud date du troisième quart du XIIe siècle, tandis que le chœur et le transept nord, voûtés d’ogives, remontent au début du XIIIe siècle. La tour, remaniée en 1633, porte les armes de l’abbé Verdier. Malgré les destructions, ces éléments témoignent de l’importance historique et artistique du site.
L’abbaye d’Asnière illustre les bouleversements religieux, politiques et sociaux qui ont marqué la France du XIIe au XVIIIe siècle. Fondée dans un contexte de réforme monastique, elle fut un lieu de pouvoir et de sépulture pour les seigneurs de Montreuil-Bellay. Son déclin, lié aux conflits religieux et à la sécularisation, reflète les mutations de l’Église et de la société française. Aujourd’hui, son état de conservation partielle et ses restaurations successives en font un témoignage précieux du patrimoine angevin, entre héritage médiéval et transformations modernes.
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