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Abbaye de La Tenaille en Charente-Maritime

Charente-Maritime

Abbaye de La Tenaille

    2 Chemin de la Tenaille
    17240 Saint-Sigismond-de-Clermont

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1500
1600
1700
1800
1900
2000
Vers 1125
Projet initial de fondation
1137
Fondation officielle
1160
Première donation majeure
1542
Décadence monastique
1582
Destruction par les protestants
1615
Don aux Jésuites
1793
Vente comme bien national
1958
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Classé MH

Personnages clés

Géraud de Salles - Religieux fondateur Initiateur du projet en 1125.
Guillaume de Conchamp - Abbé fondateur Créa l’abbaye en 1137.
Guillaume de Maingot - Seigneur donateur Offrit des terres en 1160.
Jacques II de Catrix - Dernier abbé Nommé à 12 ans en 1539.
Jacques de Pons - Seigneur protestant Détruisit l’abbaye en 1582.
Duc d’Épernon - Bienfaiteur des Jésuites Céda les revenus en 1615.

Origine et histoire

L’abbaye de La Tenaille, fondée vers 1137 par l’abbé Guillaume de Conchamp sous l’impulsion de Gérard de Blaye, était une fille de l’abbaye de Fontdouce. Installée dans une région contestée par les paysans locaux, elle devint rapidement un lieu de pèlerinage grâce à ses reliques prestigieuses : un clou de la Croix du Christ et la tenaille l’ayant arrachée. Ces objets sacrés attiraient les fidèles, qui venaient y prêter serment, renforçant son importance sur la via Turonensis, l’un des quatre grands chemins menant à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Au Moyen Âge, l’abbaye prospéra grâce aux dons des seigneurs locaux, comme Guillaume de Maingot en 1160, suivi par les familles de Pons, Barbezieux et d’Archiac. Cependant, son déclin s’amorça au XVIe siècle, marqué par la dissolution des mœurs monastiques. En 1542, le Parlement de Bordeaux dénonça la vie « dissolue » des moines, comparés à des bandits pillant les campagnes. La situation empirera en 1582, lorsque Jacques de Pons, seigneur protestant de Plassac, chassa les huit derniers moines, en tua un, et ruina les bâtiments.

Au XVIIe siècle, les revenus de l’abbaye furent confisqués par le duc d’Épernon, puis cédés en 1615 au collège des Jésuites de Saintes, devenant leur principale source de financement. Les Jésuites y développèrent des vignes et des marais salants, jusqu’à leur expulsion en 1762. L’abbaye, saisie comme bien national en 1793, fut vendue à des particuliers. Aujourd’hui, il n’en reste qu’une chapelle du XIIe siècle, des entrepôts du XVIIIe et une demeure, témoins de son passé glorieux et tourmenté.

La chapelle, classée monument historique en 1958, arbore un portail romano-byzantin et un fronton baroque, tandis que le « château » du XVIIIe siècle, avec sa toiture à l’italienne, évoque son adaptation en résidence privée. Les archives de l’abbaye, détruites dans l’incendie du collège de Saintes en 1793, laissent planer des mystères, comme la légende du vin jaillissant d’une fontaine, racontée par Gautier en 1839.

Parmi les 25 abbés recensés, Jacques II de Catrix, nommé à 12 ans en 1539, incarne la décadence de l’institution. Son oncle, Jean IV de Catrix, avait obtenu l’abbaye par permutation en 1533. Le dernier acte marquant fut la vente des terres en 1832 à Alexis Martin de Bonsonge, dont la petite-fille épousa le comte Étienne Lunet de Lajonquière, dernier propriétaire notable du domaine.

Liens externes