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Abbaye Notre-Dame de la Chaume à Machecoul en Loire-Atlantique

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye
Loire-Atlantique

Abbaye Notre-Dame de la Chaume

    Le Bourg
    44270 Machecoul

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1055
Fondation du prieuré
1063
Construction du cloître
1092
Érection en abbaye
XVe siècle
Reconstruction de l'église
1768
Fermeture de l'abbaye
1790
Inventaire révolutionnaire
1990
Création de l'ASAC
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Harscoët de Retz - Seigneur de Sainte-Croix Donateur du site en 1055.
Justin - Premier prieur Envoyé par l’abbé de Redon.
Jean-François de Gondi - Abbé commendataire Réforme l’abbaye au XVIIe siècle.
Dom Soulastre - Prieur de Vertou Auteur de l’inventaire de 1790.
François-Simon Boutan - Dernier moine Novice resté jusqu’en 1768.

Origine et histoire

L’abbaye Notre-Dame de la Chaume, fondée au XIe siècle à Machecoul, émerge d’une rivalité entre les abbayes d’Angers, Tours et Redon pour contrôler la zone salicole de la Baye de Bretagne. En 1055, Harscoët de Retz, seigneur de Sainte-Croix et vassal du duc Conan II, cède aux moines de Redon une chapelle dédiée à Notre-Dame de Pitié, un cimetière, des terres et un moulin. Ce site, réputé stérile et couvert de coquelicots, devient un prieuré bénédictin grâce à l’expertise des religieux en saunerie et en mise en valeur agricole.

La chapelle préexistante, centre de pèlerinage avant l’an 1000, abrite déjà des tombes mérovingiennes, dont sept sarcophages ornés de motifs mystérieux. En 1063, un cloître roman est construit, et le prieuré est érigé en abbaye en 1092, comptant neuf moines. L’abbaye s’enrichit de deux chapelles (Notre-Dame et Saint-Jean-Baptiste, future église paroissiale), et ses revenus proviennent des marais salants, des dîmes, et des fiefs locaux comme Fresnay-en-Retz ou Sainte-Pazanne.

Sous l’influence des barons de Retz puis des évêques de Nantes, l’abbaye traverse des crises financières (1373, 1554). Au XVIIe siècle, Jean-François de Gondi, abbé commendataire, réforme la communauté en y introduisant les moines de la Société de Bretagne, avant leur rattachement forcé à la congrégation de Saint-Maur. En 1768, faute de ressources, les quatre derniers moines quittent les lieux, ne laissant qu’un novice. Les bâtiments, vendus à la Révolution, sont en partie détruits pour reconstruire l’église de Fresnay-en-Retz.

L’abbaye possédait une église orientée du XVe siècle (36 m de long), un cloître refait au XVIIe siècle, des jardins carrés avec verger et étang, et un pigeonnier du XVIIIe siècle (600 nichoirs), seul vestige majeur encore debout. Le site, fouillé par une association depuis 1990, révèle des murs d’enceinte, des sarcophages, et des traces des cuisines (four capable de cuire 1 720 pains/jour). Les archives, brûlées en 1790 par dom Soulastre, privent l’histoire de détails sur ses reliques (saint André, Vraie Croix) et son mobilier liturgique.

Aujourd’hui, l’association ASAC préserve les ruines (portail, pigeonnier, tracés des bâtiments) et organise des manifestations dans un théâtre de verdure. Le site, autrefois cœur spirituel et économique du Pays de Retz, témoigne de l’influence des bénédictins en Bretagne, entre exploitation salicole, pouvoir seigneurial, et dévotion mariale. Son déclin reflète les bouleversements religieux et politiques, de la commende à la Révolution.

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