Incendie du monastère 27-28 janvier 1912 (≈ 28)
Destruction totale, reconstruction en 1914.
5 août 1850
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye 5 août 1850 (≈ 1850)
Arrivée des 7 moines trappistes à La Felgère.
29 septembre 1852
Reconnaissance officielle
Reconnaissance officielle 29 septembre 1852 (≈ 1852)
Notre-Dame-des-Neiges devient prieuré titulaire.
16 juillet 1861
Inauguration du nouveau monastère
Inauguration du nouveau monastère 16 juillet 1861 (≈ 1861)
Bénédiction des bâtiments sur le domaine de Compans.
3 mars 1874
Élévation en abbaye
Élévation en abbaye 3 mars 1874 (≈ 1874)
Dom Polycarpe devient premier abbé mitré.
1er décembre 2022
Arrivée des cisterciennes
Arrivée des cisterciennes 1er décembre 2022 (≈ 2022)
Remplacement des moines par 8 religieuses de Boulaur.
28 décembre 2025
Création du prieuré autonome
Création du prieuré autonome 28 décembre 2025 (≈ 2025)
Décret signant l'autonomie de la communauté féminine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
Henri Louis Marthoud (Dom Polycarpe) - Fondateur et premier abbé
Dirigea la construction et développa l'abbaye (1850-1895).
Casimir et Théodore Chalbos - Donateurs du domaine
Offrirent La Felgère pour fonder le monastère.
Robert Louis Stevenson - Écrivain voyageur
Séjourna en 1878, décrit l'abbaye dans *Voyage avec un âne*.
Charles de Foucauld - Religieux et explorateur
Y débuta sa vie monastique en 1890.
Robert Schuman - Homme politique
S'y réfugia pendant la Seconde Guerre mondiale.
Sœur Anne - Première prieure cistercienne
Élue en 2025 pour diriger le prieuré autonome.
Origine et histoire
L'abbaye Notre-Dame-des-Neiges a été fondée en 1850 par des moines trappistes de l'abbaye d'Aiguebelle, sur le domaine de La Felgère, un héritage familial offert par les frères Chalbos. Les sept premiers religieux, dirigés par le Père Geniez, s'installent dans une ferme modeste, qu'ils transforment progressivement en monastère. Grâce à des dons locaux et un travail acharné, une chapelle, un dortoir et une hostellerie sont construits, malgré des conditions climatiques difficiles (Burle, vents violents). Le prieuré est officiellement reconnu en 1852, avec une communauté déjà composée de 10 pères, 18 frères et 18 novices.
En 1854, face à l'afflux de vocations, un nouveau monastère est érigé sur le domaine de Compans, achevé en 1861 sous la direction du Père Polycarpe (Henri Louis Marthoud), premier abbé mitré en 1874. L'abbaye développe des activités agricoles (seigle, pommes de terre, vignes, mûriers) et spirituelles, comme l'Alumnat, une école préparatoire pour religieux. Cependant, les troubles politiques de 1879 entraînent l'expulsion des moines, dont le Père Polycarpe, qui meurt en Syrie en 1895. Un incendie détruit le monastère en 1912, mais il est reconstruit en deux ans. Les deux guerres mondiales marquent l'abbaye, avec des moines morts au combat ou prisonniers.
De 1949 aux années 2000, l'abbaye connaît un essor économique grâce à la vinification, dirigée par des pères comme Toussaint Louche et Claudius Valour. Les moines vivent en autarcie, avec des ateliers (cave, scierie, ferme, hostellerie) et une vie rythmée par la prière et le silence. En septembre 2022, après 170 ans de présence masculine, les derniers moines trappistes, trop peu nombreux, quittent l'abbaye. Ils sont remplacés en décembre 2022 par huit religieuses cisterciennes de l'abbaye de Boulaur (Gers), qui fondent un prieuré autonome en 2025 sous la direction de Sœur Anne.
L'abbaye Notre-Dame-des-Neiges est aussi liée à des figures historiques : l'écrivain Robert Louis Stevenson y séjourne en 1878 lors de son voyage dans les Cévennes, et Charles de Foucauld y commence sa vie religieuse en 1890 avant de partir pour la Syrie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Robert Schuman s'y réfugie. Aujourd'hui, la communauté féminine perpétue la tradition cistercienne de prière, de travail manuel et d'accueil, avec des offices ouverts au public et des retraites spirituelles.
Le monastère abrite une œuvre contemporaine, Terre Loire de l'artiste japonais Kôichi Kurita, composée de 700 coupelles de terre. Les bâtiments, reconstruits après l'incendie de 1912, dominent les paysages ardéchois à la limite des Cévennes. L'abbaye reste un lieu de silence, de contemplation et de ressourcement, fidèle à la règle bénédictine : « Ora et labora ».