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Abbaye de Saint-Urbain à Saint-Urbain-Maconcourt en Haute-Marne

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Abbaye

Abbaye de Saint-Urbain

    2-6 Cours de l'Abbaye
    52300 Saint-Urbain-Maconcourt
Propriété privée
Abbaye de Saint-Urbain
Abbaye de Saint-Urbain
Abbaye de Saint-Urbain
Abbaye de Saint-Urbain
Abbaye de Saint-Urbain
Abbaye de Saint-Urbain
Crédit photo : Lou wiederkehr - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 862
Fondation probable
1140
Consécration nouvelle église
1323
Saccage de l'abbaye
1429
Passage de Jeanne d'Arc
1648
Réforme de Saint-Vannes
1789
Disparition de l'abbaye
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Deux façades et toiture du logis des dames ; la porterie d'entrée du 15s : inscription par arrêté du 15 septembre 1947

Personnages clés

Erchenraud - Évêque de Châlons Fondateur probable vers 862
Charlemagne - Empereur carolingien Traditionnellement cité comme fondateur
Charles le Chauve - Empereur carolingien Bienfaiteur de l’abbaye au IXᵉ siècle
Jeanne d'Arc - Héroïne de la guerre de Cent Ans Accueillie en 1429 par l’abbé Arnoult
Arnoult d'Aulnoy - Abbé (1427–1439) Reçut Jeanne d’Arc en 1429
Michel II Révérend de Bougy - Abbé commendataire (1655–1681) Introduisit la réforme de Saint-Vannes

Origine et histoire

L’abbaye de Saint-Urbain, initialement nommée abbaye de la Sainte-Trinité, fut probablement fondée vers 862 par Erchenraud, évêque de Châlons, qui y déposa des reliques de saint Urbain. Bien que la tradition attribue aussi sa fondation à Charlemagne, l’abbaye reconnaît quatre fondateurs : Charlemagne, Lothaire, Charles le Chauve et Erchenraud, honorés sur les piliers de son jubé après les reconstructions du XVIe siècle. Elle devint une abbaye royale grâce aux dons impériaux et royaux.

Au Moyen Âge, l’abbaye fut protégée par les seigneurs locaux comme les comtes de Bar et les sires de Joinville, bien que ces derniers aient eu des conflits prolongés avec les moines, nécessitant parfois l’intervention papale. En 1323, elle fut saccagée par des bandes armées, forçant le transfert des reliques à Chaumont. Fortifiée par la suite, elle accueillit Jeanne d’Arc en 1429 lors de son voyage vers le roi Charles VII. Ravagée en 1440 par le comte de Vaudémont, elle fut rebâtie avec l’aide du roi.

À l’époque moderne, l’abbaye subit les guerres de Religion (détruite à partir de 1568) avant d’être réformée en 1648 par la congrégation de Saint-Vannes, retrouvant ainsi sa discipline monastique. Au XVIIIe siècle, elle abritait une vingtaine de moines et un collège enseignant les humanités. La Révolution française mit fin à son existence : déclarée bien national, son église fut détruite, et seuls quelques vestiges subsistent aujourd’hui, classés monuments historiques en 1947.

Les reliques de saint Urbain, mais aussi celles de saints comme Épiphane, Amand ou Sacerdos, firent de l’abbaye un lieu de pèlerinage. Parmi ses abbés notables, Arnoult d’Aulnoy (qui reçut Jeanne d’Arc) et Jean IV du Châtelet (abbé à la fin du XVe siècle) marquèrent son histoire. Les abbés commendataires, comme les cardinaux de Lorraine, administrèrent l’abbaye jusqu’à sa disparition en 1789.

Les bâtiments conservés, dont le logis des dames et la porterie du XVe siècle, témoignent encore de son passé. L’abbaye joua un rôle culturel avec son collège, formant des érudits comme l’helléniste Nicolas Furgault. Son déclin s’inscrit dans le contexte plus large de la sécularisation des biens ecclésiastiques sous la Révolution.

Liens externes