Translation des reliques de saint Avit 1117-1118 (≈ 1118)
Consécration de l’autel par Guillaume II d’Auberoche.
1142
Consécration d’un autel
Consécration d’un autel 1142 (≈ 1142)
Par Geoffroi du Louroux, évêque de Bordeaux.
Début XIIe siècle
Fondation de l'abbaye
Fondation de l'abbaye Début XIIe siècle (≈ 1204)
Construction débutée par les chanoines augustiniens.
1292
Sécularisation de l’abbaye
Sécularisation de l’abbaye 1292 (≈ 1292)
Passage sous contrôle laïc.
1525
Effondrement partiel de la nef
Effondrement partiel de la nef 1525 (≈ 1525)
Mur sud-ouest reconstruit.
1577
Saccage protestant
Saccage protestant 1577 (≈ 1577)
Destruction du clocher nord et du cloître.
XVIIe siècle
Transformation du chevet
Transformation du chevet XVIIe siècle (≈ 1750)
Remplacement par un chevet plat.
1862
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique 1862 (≈ 1862)
Protection de l’église abbatiale.
1998
Classement UNESCO
Classement UNESCO 1998 (≈ 1998)
Inscription aux chemins de Saint-Jacques.
2000
Réouverture au public
Réouverture au public 2000 (≈ 2000)
Après restaurations majeures.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'église abbatiale : classement par liste de 1862 - Les vestiges de l'ancienne abbaye (cad. B 1918 à 1921, 1923) : classement par arrêté du 2 novembre 1964
Personnages clés
Saint Avit - Ermite et fondateur légendaire
Reliques transférées en 1118.
Guillaume II d'Auberoche - Évêque de Périgueux
Consacre un autel en 1117.
Geoffroi du Louroux - Évêque de Bordeaux
Consacre un autel en 1142.
Annet de Commarque - Chef protestant
Saccage l’abbaye en 1577.
Henri Rapine - Architecte des Monuments Historiques
Restaure l’église en 1883.
Yves-Marie Froidevaux - Architecte en chef
Dirige les travaux (1968-1971).
Origine et histoire
L’abbaye de Saint-Avit-Sénieur, fondée au début du XIIe siècle, doit son origine à la translation des reliques de saint Avit en 1118. Ce saint, né vers 487, aurait combattu à la bataille de Vouillé avant de mener une vie d’ermite dans la vallée. Les moines augustiniens construisent alors une église romane imposante (55 m de long), financée par le pèlerinage et la dévotion aux reliques. Trois inscriptions lapidaires dans l’avant-chœur attestent des étapes clés : la consécration d’un autel par Guillaume II d’Auberoche (1117), celle d’un autre par Geoffroi du Louroux (1142), et la sécularisation de l’abbaye en 1292.
L’histoire de l’abbaye est marquée par des destructions répétées. Un incendie, attribué aux Albigeois (1214) ou aux Anglais (1442), laisse des traces rouges sur le mur sud. En 1525, une partie de la nef s’effondre, et en 1577, les protestants d’Annet de Commarque saccagent l’abbaye, détruisant le clocher nord et le cloître. Au XVIIe siècle, le chœur semi-circulaire est remplacé par un chevet plat, et les bâtiments conventuels, en ruine, servent de cimetière. Classée Monument Historique en 1862, l’église subit des restaurations majeures aux XIXe et XXe siècles, notamment par Henri Rapine (1883) et Yves-Marie Froidevaux (1968-1971), avant sa réouverture complète en 2000.
L’architecture de l’abbaye révèle une superposition de styles. La nef romane, conçue pour supporter des coupoles, est finalement voûtée d’ogives gothiques au XIIIe siècle, après un incendie. Les murs conservent des traces de l’église primitive (XIe siècle), comme des contreforts prolongés et des arcatures romanes. À l’intérieur, des peintures murales des XIIIe et XIVe siècles, redécouvertes dans les années 1990, ornent les voûtes et les murs, mêlant motifs gothiques et influences orientales. Le mobilier inclut un bénitier du IXe siècle, peut-être issu de la chapelle originelle de saint Avit, et un retable baroque du XVIIIe siècle.
Le site abrite aussi les vestiges du cloître et des bâtiments conventuels, partiellement détruits. La galerie ouest, encore visible, communiquait avec la salle capitulaire, dont quatre arcatures subsistent. Une enceinte fortifiée, aujourd’hui disparue, protégeait autrefois l’ensemble. La légende rapporte que saint Avit, après avoir servi le roi wisigoth Alaric II, se retira dans cette vallée pour y fonder un ermitage. Son tombeau, d’abord situé dans la chapelle Notre-Dame-du-Val, attire dès le XIe siècle un petit groupe de moines, avant la construction de l’abbaye actuelle.
Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1998 pour son rôle dans les pèlerinages vers Saint-Jacques-de-Compostelle, l’abbaye illustre l’influence des routes médiévales. Son histoire reflète aussi les conflits religieux, des guerres de Religion aux destructions protestantes. Les restaurations modernes ont permis de stabiliser la structure et de révéler des décors peints exceptionnels, tout en préservant les traces des transformations architecturales. Aujourd’hui, le site reste un témoignage majeur de l’art roman en Nouvelle-Aquitaine et de l’histoire monastique française.
Les fouilles et études archéologiques, comme celles de Pierre Dubourg-Noves (1979), ont éclairé les techniques de construction et les hypothèses sur les voûtes à coupoles. Les voûtes angevines, adoptées après l’incendie, témoignent d’une adaptation technique et économique. Les peintures murales, avec leurs lions affrontés et leurs entrelacs, évoquent les échanges culturels médiévaux. L’abbaye, rattachée au chapitre de Sarlat en 1685, perdure comme un symbole de la foi et des tumultes qui ont marqué le Périgord.
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Devenir actuel
L'ancienne Abbaye de Saint-Avit-Sénieur fait partie des 71 monuments ainsi que 7 portions de chemins sont inscrits depuis 1998 sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco sous le titre officiel de « Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France ».
Elle était à la marge d'une des 4 voies classiques (Via Turonensis, Via Lemovicensis, Via Podiensis et Via Tolosana). Les pèlerins devaient donc faire un détour pour la visiter.
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