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Ancienne abbaye dans le Morbihan

Morbihan

Ancienne abbaye

    1 Allée du Calvaire
    56770 Langonnet
Ancienne abbaye
Ancienne abbaye
Ancienne abbaye
Ancienne abbaye
Ancienne abbaye
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Ancienne abbaye
Ancienne abbaye
Ancienne abbaye
Ancienne abbaye
Ancienne abbaye
Ancienne abbaye
Crédit photo : Lanzonnet - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1136
Fondation de l’abbaye
1177
Fondation de Carnoët
1387 et 1442
Destructions pendant la guerre de Succession
1595
Expulsion des moines
1790
Expulsion révolutionnaire
1806
Création du haras national
1857
Transfert du haras
1880
Translation des reliques
1928
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

La salle capitulaire (cad. K 136) : inscription par arrêté du 25 septembre 1928

Personnages clés

Conan III - Duc de Bretagne Fonda l’abbaye en 1136.
Ermengarde d’Anjou - Duchesse mère Co-fondatrice de l’abbaye.
Maurice Duault (saint Maurice de Carnoët) - Abbé de Langonnet Fonda l’abbaye de Carnoët en 1177.
Raoul - Évêque de Cornouaille (1130–1158) Inhumé dans l’abbaye.
Claude de Marbœuf - Abbé commendataire Rebâtit l’abbaye (inscription de 1688).
François Chevreul - Abbé Reconstruisit l’église en 1789.
Guy Éder de La Fontenelle - Chef ligueur Transforma l’église en écurie en 1595.
Achille du Clésieux - Missionnaire Établit une ferme modèle au XIXe siècle.
Sam Poupon - Fondateur du cercle de l’abbaye Relança la danse bretonne en 1950.

Origine et histoire

L’abbaye Notre-Dame de Langonnet, fondée le 20 juin 1136 par Conan III, duc de Bretagne, et sa mère Ermengarde d’Anjou, est un établissement cistercien initialement occupé par douze moines venus de l’abbaye de l’Aumône. Située dans un environnement marécageux assaini par les moines, elle devint un centre religieux et économique majeur, possédant 82 villages, moulins et forêts au XVIe siècle. L’abbé Maurice Duault y fonda en 1177 l’abbaye de Carnoët, renforçant son influence régionale.

Au Moyen Âge, l’abbaye subit des destructions lors de la guerre de Succession de Bretagne (XIVe siècle) et des troubles de la Ligue (1595), où elle fut transformée en écurie. Reconstruite entre 1650 et 1780, elle abritait une église dédicacée en 1789. À la Révolution, les moines furent expulsés en 1790, et le site devint un refuge pour les Chouans avant d’être vandalisé. L’abbaye, vendue comme bien national sans acquéreur, fut louée à la famille Bréban, qui y cacha des prêtres réfractaires.

Au XIXe siècle, Napoléon Ier y installa en 1806 le premier haras public de Bretagne, malgré l’état de ruine du site. Le haras prospéra jusqu’à son transfert à Hennebont en 1857. L’abbaye fut alors restituée aux Missionnaires du Saint-Esprit, qui y établirent une ferme modèle et une colonie agricole pour enfants. En 1880, elle abritait une école secondaire, un scolasticat et un noviciat, devenant un lieu clé pour les missions en Afrique. La translation des reliques de saint Maurice de Carnoët en 1880 y attira 20 000 fidèles.

L’architecture actuelle mêle des vestiges du XIIIe siècle, comme la salle capitulaire ogivale, à des reconstructions des XVIIe–XXe siècles. La salle capitulaire, unique vestige médiéval, présente des voûtes en pierre et des chapiteaux feuillés. Le cloître actuel date des années 1930. L’abbaye abrite aujourd’hui un musée d’art africain, un centre d’animation missionnaire et sert de lieu de repos pour les spiritains âgés.

Classée monument historique en 1928 pour sa salle capitulaire, l’abbaye illustre les transformations successives d’un site monastique : lieu de pouvoir religieux au Moyen Âge, haras impérial, puis centre missionnaire. Son enclos conserve des traces des activités cisterciennes (étangs, moulins, tannerie) et des aménagements liés au haras (écuries).

Liens externes