Frise chronologique
1092
Fondation de l'ermitage
Fondation de l'ermitage
1092 (≈ 1092)
Gauthier de Pontoise s’installe près de la Nièvre.
5 novembre 1095
Investiture canonique
Investiture canonique
5 novembre 1095 (≈ 1095)
Heleguide et Godelande fondent l’abbaye.
1108
Confirmation des privilèges
Confirmation des privilèges
1108 (≈ 1108)
Godelande obtient l’appui de l’évêque d’Amiens.
1176
Bulle papale
Bulle papale
1176 (≈ 1176)
Alexandre III confirme biens et privilèges.
XVIe siècle
Régime de la commende
Régime de la commende
XVIe siècle (≈ 1650)
Nomination d’Angélique d’Estrées par Henri IV.
1789
Déclaration de bien national
Déclaration de bien national
1789 (≈ 1789)
Début des ventes révolutionnaires.
1995
Classement monument historique
Classement monument historique
1995 (≈ 1995)
Protection du logis abbatial.
2006-2007
Restauration du logis
Restauration du logis
2006-2007 (≈ 2007)
Travaux post-tempête.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Eglise : classement par liste de 1840
Personnages clés
| Gauthier de Pontoise - Abbé de Saint-Martin de Pontoise |
Fondateur de l’ermitage en 1092. |
| Heleguide (ou Helchide) - Cofondatrice de l’abbaye |
Investie en 1095 avec Godelande. |
| Godelande - Première abbesse officielle |
Confirmation des privilèges en 1108. |
| Angélique d’Estrées - Abbesse sous Henri IV |
Protection royale au XVIe siècle. |
| Henri IV - Roi de France |
Nomma Angélique d’Estrées abbesse. |
| Alexandre III - Pape |
Confirma l’abbaye par bulle en 1176. |
Origine et histoire
L’abbaye Notre-Dame de Berteaucourt-les-Dames, fondée à la fin du XIe siècle, était un monastère de religieuses bénédictines. Selon la tradition, Gauthier de Pontoise, abbé de Saint-Martin de Pontoise, aurait eu une vision de la Vierge lui demandant d’y établir une communauté religieuse. En 1092, il s’installa près de la Nièvre, où il créa un ermitage et fit jaillir une source, attirant des pèlerins. Après sa mort en 1099, deux femmes, Heleguide (ou Helchide) et Godelande, prirent la relève et obtinrent en 1095 l’investiture canonique de l’évêque d’Amiens, Gervin. L’abbaye fut confirmée par une bulle papale d’Alexandre III en 1176.
Au XVIe siècle, l’abbaye passa sous le régime de la commende. Henri IV nomma Angélique d’Estrées, sœur de sa favorite Gabrielle d’Estrées, comme abbesse, ce qui assura à l’abbaye une protection royale. À cette époque, ses revenus dépassaient 8 000 livres, et elle possédait des biens dans une cinquantaine de paroisses. Les abbesses, populaires pour leurs aumônes, jouissaient d’un droit seigneurial sur Berteaucourt, incluant la haute justice.
La Révolution française marqua la fin de l’abbaye : déclarée bien national en 1789, ses biens furent vendus en 1791. Bien que partiellement démolie, l’ancienne maison abbatiale, construite au XVIIIe siècle et classée en 1995, subsiste comme unique vestige. Ce logis, restauré en 2006-2007 après des dégâts causés par une tempête, conserve des éléments architecturaux remarquables, comme des pilastres à refends et un appareillage soigné. Une partie du mur d’enceinte de l’abbaye est également visible.
Les frères Duthoit, au XIXe siècle, réalisèrent des dessins des vestiges de l’abbaye, aujourd’hui conservés au musée de Picardie à Amiens. Ces documents iconographiques témoignent de l’importance historique du site. Parmi les abbesses notables, on compte Heleguide (fondatrice en 1095), Godelande (confirmation des privilèges en 1108), et Angélique d’Estrées, dont le lien avec Henri IV marqua l’apogée politique de l’abbaye.
L’abbaye possédait une église abbatiale dont une moitié fut démolie après la Révolution, l’autre servant désormais d’église paroissiale. Le site incluait aussi des dépendances agricoles (moulin, ferme, pressoir) et des espaces communautaires comme un lavoir et une basse-cour. En 1796, les bâtiments conventuels furent vendus et détruits, à l’exception du logis abbatial, partiellement amputé en 1842.