Fondation de la poterie vers 1760 (≈ 1760)
Création par Guichard ou Fidelin
1764–1809
Exploitation par Fidelin
Exploitation par Fidelin 1764–1809 (≈ 1787)
Production d’ustensiles sucriers
1811
121 esclaves recensés
121 esclaves recensés 1811 (≈ 1811)
Main-d’œuvre potière et agricole
1815
Diversification production
Diversification production 1815 (≈ 1815)
Pots, jarres, carreaux après déclin sucre
1837
130 esclaves
130 esclaves 1837 (≈ 1837)
Apogée démographique du site
15 décembre 1997
Classement monument historique
Classement monument historique 15 décembre 1997 (≈ 1997)
Protection des vestiges
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Parcelle contenant les vestiges de l'ancienne poterie (cad. AE 66) : classement par arrêté du 15 décembre 1997
Personnages clés
Jean-Pierre Fidelin - Fondateur et exploitant
Dirigea la poterie de 1764 à 1809
Marie-Joseph Grizel Sainte-Marie - Gendre et successeur
Poursuivit l’exploitation après 1809
Pierre Sainte-Luce - Propriétaire actuel
Médecin et sociologue depuis 2015
Origine et histoire
La Poterie de Terre-de-Bas, située en bordure de la Grande Baie sur l’île des Saintes (Guadeloupe), fut fondée vers 1760, probablement par Pierre Guichard ou Jean-Pierre Fidelin. Ce dernier, membre d’une famille créole influente, exploita le site jusqu’en 1809 avant de le transmettre à ses descendants. L’atelier produisait principalement des formes à sucre et des pots à mélasse, essentiels à l’industrie sucrière locale, en utilisant de la terre cuite importée de Terre-de-Haut et façonnée par des esclaves.
L’activité reposait sur une main-d’œuvre servile : 121 esclaves en 1811, puis 130 en 1837, répartis entre potiers, transporteurs, bûcherons et ouvriers des fours. Ces derniers, de grandes dimensions (7x5 m, 8 m de haut), atteignaient 900°C pour cuire des pièces de plus de 50 cm. Les esclaves vivaient dans des cases en bois ou gaulettes, tandis que la production alimentait les sucreries, chacune nécessitant 2 000 à 3 000 ustensiles, avec un renouvellement fréquent dû aux casses.
Après 1815, face au déclin du sucre blanc, la poterie diversifia sa production : pots à fleurs, jarres, carreaux, et pots à anses. Jusqu’en 1830, un quart de la population de Terre-de-Bas y travaillait. Au XIXe siècle, l’activité devint intermittente, puis le site se reconvertit en distillerie de bois d’Inde jusqu’en 1920. Aujourd’hui, subsistent les murs de la poterie, deux fours, une citerne, un moulin à bêtes, et des bâtiments en ruine, sur un domaine de deux hectares en bord de mer.
Les propriétaires successifs incluent Jean-Pierre Fidelin (1764–1809), son gendre Marie-Joseph Grizel Sainte-Marie, puis des descendants. Depuis 2015, le site appartient au Docteur Pierre Sainte-Luce, médecin et sociologue originaire de Terre-de-Bas. Classée monument historique en 1997, la poterie témoigne de l’histoire industrielle et sociale de la Guadeloupe, liée à l’esclavage et à l’économie sucrière.
L’habitation principale associée à la fabrique, mentionnée dans les archives, n’a pas encore été localisée. Elle aurait pu disparaître lors des ouragans dévastateurs de 1825 et 1865, qui endommagèrent gravement les bâtiments de production. Les vestiges actuels, bien que partiels, offrent un aperçu rare des techniques de production céramique coloniale et de leur adaptation aux besoins économiques locaux.
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