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Château de Clairefontaine à Polaincourt-et-Clairefontaine en Haute-Saône

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château
Haute-Saône

Château de Clairefontaine

    Clairefontaine
    70210 Polaincourt-et-Clairefontaine

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1700
1800
1900
2000
1131
Fondation de l'abbaye
1711
Reconstruction de l'abbaye
1793
Vente comme Bien national
1798
Création de la verrerie
1804
Fondation de la faïencerie
1932
Fermeture de la faïencerie
1938
Transformation en hôpital psychiatrique
1971
Inscription aux Monuments historiques
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures ; vestibule et galerie Nord du bâtiment central (cad. E1 28 ; E2 39) : inscription par arrêté du 20 octobre 1971

Personnages clés

Guy de Jonvelle - Fondateur de l'abbaye Créa l’abbaye Notre-Dame en 1131.
Jean-François Estienne - Premier propriétaire industriel Acheta l’abbaye en 1793, fonda verrerie puis faïencerie.
Jean-Baptiste Rigal - Dirigeant de la faïencerie Développa la production de porcelaine opaque (1833-1860).
Léon Graves - Modernisateur de la faïencerie Mécanisa la production, spécialisé dans les services de table.
Victor Ameline - Décorateur en chef Introduisit des techniques artistiques vers 1875.

Origine et histoire

Le château de Clairefontaine, situé à Polaincourt-et-Clairefontaine en Haute-Saône, est un ancien bâtiment monastique cistercien fondé en 1131 par Guy de Jonvelle sous le nom d’abbaye Notre-Dame de Clairefontaine. L’abbaye, fille de Morimond, connut des destructions répétées (guerres, peste de 1349, troupes de Tremblecourt en 1595, Suédois en 1636) avant d’être entièrement reconstruite à partir de 1711. Les travaux du XVIIe et XVIIIe siècles inclurent la réfection du chœur, des dortoirs, du cloître, et de l’église, avec des couvertures en tuiles et des structures en grès.

Vendue comme Bien national en 1793 à Jean-François Estienne, l’abbaye fut d’abord convertie en verrerie (1798-1803), puis en faïencerie prospère de 1804 à 1932. La manufacture, dirigée successivement par les familles Estienne, Rigal, Sanejouand et Graves, se spécialisa dans la porcelaine opaque et les émaux, employant jusqu’à 86 ouvriers en 1893. Elle fut récompensée à l’Exposition universelle de 1878 pour ses créations en majolique et ses services de table innovants.

Après la fermeture de la faïencerie en 1932, le site fut acquis en 1938 par les Hôpitaux de Seine-et-Marne et transformé en hôpital psychiatrique, fonction qu’il conserve aujourd’hui sous la gestion de l’Association hospitalière de Franche-Comté. Les façades, toitures, et certains intérieurs (vestibule, galerie Nord) furent inscrits aux Monuments historiques en 1971, préservant ainsi un patrimoine mêlant héritage religieux, industriel et médical.

L’architecture actuelle reflète cette histoire complexe : le corps central, ancien quartier des religieux, abrite désormais des bureaux et ateliers, tandis que les communs, écuries et greniers du XVIIIe siècle, construits en pierre de taille de grès, témoignent de l’organisation monastique initiale. Les vestiges industriels (fours, machines à vapeur) ont majoritairement disparu, effaçant partiellement la trace de la faïencerie qui fit la renommée du site.

Parmi les éléments remarquables, on note le portail du XVIIIe siècle intégré à l’aile ouest, les jardins en terrasse à l’est, et le moulin Ruby, utilisé pour le broyage des matériaux de la faïencerie. Le site, bien que partiellement modifié, reste un exemple rare de reconversion d’une abbaye en complexe industriel puis hospitalier, illustrant les mutations économiques et sociales de la région depuis le Moyen Âge.

Liens externes