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Château de Perricard à Montayral dans le Lot-et-Garonne

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château
Lot-et-Garonne

Château de Perricard

    Route de Tournon
    47500 Montayral
Propriété privée
Château de Perricard
Château de Perricard
Château de Perricard
Château de Perricard
Château de Perricard
Château de Perricard
Château de Perricard
Château de Perricard
Château de Perricard
Château de Perricard
Château de Perricard
Château de Perricard
Château de Perricard
Crédit photo : Jacques MOSSOT - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1400
Premier seigneur connu
1565
Achèvement du château
1603
Arrêt du parlement de Bordeaux
1609
Expulsion des Raffin
1837
Division du château
1927
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château de Perricard : inscription par arrêté du 22 février 1927

Personnages clés

Pierre de Raffin - Premier seigneur de Perricard Originaire du Rouergue, vers 1400
Antoine de Raffin - Constructeur du château Achèvement en 1565, décor Renaissance
Anne de Bezolles - Héritière et modernisatrice Ajouta la chapelle vers 1610
Philippe de Raffin - Opposant à Anne de Bezolles Expulsé en 1609 après occupation
François de Laffargue - Acheteur en 1837 Divisa le château en deux propriétés
François de Bosredon - Marquis de Perricard Éleva la seigneurie en marquisat

Origine et histoire

Le château de Perricard, situé à Montayral en Lot-et-Garonne, est un édifice du XVIe siècle construit par la famille Raffin, originaire du Rouergue. La première mention d’un seigneur de Perricard remonte à Pierre de Raffin vers 1400, mais la construction du château actuel débuta probablement à la fin du XVe ou au début du XVIe siècle. La tour sud-est, partie la plus ancienne, appartenait à une maison-forte médiévale. Une inscription disparue indiquait que la fin des travaux, incluant la grosse tour sud-ouest et ses décors Renaissance (fleurs de lys, rosaces), datait de 1565 sous Antoine de Raffin.

La seigneurie de Perricard fut l’objet de conflits familiaux au XVIIe siècle. Après la mort de Jean de Raffin en 1598, son épouse Anne de Bezolles héritière des lieux dut affronter son beau-père, Philippe de Raffin, pour en prendre possession. En 1603, un arrêt du parlement de Bordeaux lui accorda le château, mais Philippe et ses fils l’occupèrent illégalement en 1609 avant d’être expulsés. Anne de Bezolles fit moderniser le château, ajoutant une chapelle vers 1610, décrite en 1667 par l’évêque Claude Joli comme un oratoire voûté avec galeries latérales.

Au XIXe siècle, le château fut divisé en deux propriétés agricoles après son achat par François de Laffargue en 1837. L’aile est, agrandie, devint une grange-étable en 1861, tandis que l’aile ouest, partiellement ruinée, reçut une nouvelle façade. Malgré ces transformations, des éléments Renaissance subsistent : cheminées monumentales, décor sculpté (dauphins, branches écotées), et voûtes d’ogives. Le château, classé monument historique en 1927, illustre l’évolution d’une forteresse médiévale en résidence seigneuriale, puis en exploitation agricole.

Les Raffin, alliés à l’aristocratie locale (La Tour, Lusignan), dominèrent la région jusqu’au XVIIe siècle. Leur déclin permit à des familles comme les La Goutte de La Pujade, puis les Montalembert, d’acquérir Perricard. François de Bosredon éleva même la seigneurie en marquisat au XVIIIe siècle. Les archives mentionnent aussi des ateliers cadurciens (de Cahors) pour les décors, soulignant les échanges artistiques entre Quercy et Agenais.

L’architecture combine des traits défensifs (meurtrières adaptées aux armes à feu, tours d’angle) et résidentiels (grandes salles, plafonds peints). La tour sud-ouest, avec son bandage à bossage vermiculé, rappelle le château de Fumel, autre réalisations Renaissance du Haut-Agenais. La chapelle, voûtée en berceau brisé, et la cuisine voûtée d’arêtes témoignent de la dualité religieuse et domestique du lieu.

Aujourd’hui, le château de Perricard, bien que partagé et transformé, conserve des éléments remarquables comme la tour carrée médiévale, percée d’une archère et d’une fenêtre flamboyante, ou les consoles sculptées de dauphins. Son histoire reflète les tensions seigneuriales, les alliances matrimoniales et les adaptations économiques qui ont marqué le sud-ouest de la France du Moyen Âge à l’époque moderne.

Liens externes