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Château de Promery à Pringy en Haute-Savoie

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château
Haute-Savoie

Château de Promery

    Route de Ferrières
    74370 Pringy
Crédit photo : Étienne Gilli - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1316
Première mention écrite
1578
Vente aux Favre
1618
Acquisition par René Favre
1626
Date gravée sur la porte
1796
Vente comme bien national
1951
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Façades et toitures ; deux porteries : inscription par arrêté du 20 juillet 1951

Personnages clés

Pierre de Monthoux - Premier propriétaire attesté Signe un acte en 1316
Humbert de Menthon-Lonay - Dernier héritier des Monthoux Vend le château en 1578
René Favre de la Valbonne - Magistrat et acquéreur Transforme le château au XVIIe
Gabriel Philibert Favre - Héritier conflictuel Succession disputée après 1693
Marie de Villaret - Propriétaire au XVIIIe Gagne le procès en 1772
Alexis Calliès - Historien local A étudié le château (1938)

Origine et histoire

Le château de Promery, aussi appelé Premery ou Preméry, est une maison forte édifiée dès le XIVe siècle sur la commune de Pringy (Haute-Savoie). Ses origines exactes restent floues : construite peut-être avant le XIVe siècle avec des techniques typiques des XIIIe-XIVe (cailloux liés au mortier), elle appartint d’abord à la famille Trombert, puis aux Monthoux par des voies indéterminées. La première mention écrite date de 1316, quand Pierre de Monthoux y signe un acte dans « sa maison forte de Promery ». Le site, situé à 1,5 km au nord de Pringy sur les contreforts de la colline de Cuvat, domine la rive droite du Viéran, face au château de Monthoux.

La maison forte change de mains en 1578 quand Humbert de Menthon-Lonay, héritier des Monthoux, la vend pour 20 000 florins à René Favre de la Valbonne, haut magistrat savoyard. Ce dernier en fait une résidence secondaire et entreprend d’importants travaux : aménagements de terrasses (début XVIIe), inscriptions ornées sur les murs (dont une datée de 1626), et décoration intérieure avec portraits familiaux. Le domaine, incluant des droits seigneuriaux sur le hameau du Villaret, reste dans la famille Favre jusqu’au XVIIIe siècle, malgré des conflits de succession complexes après 1693.

Au XVIIIe siècle, le château passe aux La Grange (ou Lagrange) par mariage, avant d’être confisqué comme bien national en 1796 pendant la Révolution. Vendu à un certain M. Delatte, il est racheté en 1813 par la famille Lagrange, puis change plusieurs fois de mains au XIXe siècle. Endommagé par un incendie, il est restauré après 1875. Classé partiellement aux Monuments Historiques en 1951, il conserve des façades Renaissance, des toitures caractéristiques, et deux porteries protégées. Son histoire reflète les mutations de la noblesse savoyarde, entre pouvoir féodal et résidence d’agrément.

L’architecture du château mêle des éléments défensifs (enceinte quadrangulaire, tours simulées) et des aménagements de confort (terrasses, jardins, inscriptions latines ou françaises). La tour ouest abrite des peintures et des portraits des Favre, tandis que l’entrée principale, datée de 1626, arbore l’écusson familial « d’argent au chevron d’azur » et une devise accueillante. Les conflits juridictionnels avec le voisin château de Monthoux, attestés en 1627 et 1707, soulignent son ancrage dans les rivalités locales.

Les sources historiques, notamment les travaux du colonel Alexis Calliès (1938) et de Georges Chapier (1961), révèlent une occupation continue mais des lacunes sur ses origines. La famille de Monthoux, branche cadette de la noblesse savoyarde, y réside jusqu’en 1578, avant que les Favre — dont René, sénateur de Savoie — n’en fassent un symbole de leur ascension sociale. Les inscriptions murales, qualifiées de « valeur très inégale » par Calliès, témoignent des aspirations culturelles de ses propriétaires, entre humanisme et affirmation de statut.

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