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Chapelle de Koat-Keo à Scrignac dans le Finistère

Patrimoine classé
Patrimoine religieux
Chapelle
Eglise moderne

Chapelle de Koat-Keo

    595 Bel air
    29640 Scrignac
Propriété d'une association diocésaine
Chapelle de Koat-Keo
Chapelle de Koat-Keo
Chapelle de Koat-Keo
Chapelle de Koat-Keo
Chapelle de Koat-Keo
Chapelle de Koat-Keo
Chapelle de Koat-Keo
Chapelle de Koat-Keo
Chapelle de Koat-Keo
Chapelle de Koat-Keo
Chapelle de Koat-Keo
Chapelle de Koat-Keo
Crédit photo : Bzh-99 sur Wikipédia français - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1388
Première mention de la chapelle médiévale
XVe siècle
Présence d'une école
XVIe siècle
Reconstruction présumée
1925
Vente des ruines
1937
Construction de la chapelle actuelle
Octobre 1938
Consécration de la chapelle
Décembre 1943
Assassinat de l’abbé Perrot
Fin XIXe siècle
Ruine de l'ancienne chapelle
30 septembre 1997
Classement monument historique
5 juillet 2019
Incendie de la chapelle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Chapelle et son placître (cad. N 263) : inscription par arrêté du 30 septembre 1997

Personnages clés

James Bouillé - Architecte Créateur de la chapelle, militant autonomiste breton.
Abbé Jean-Marie Perrot - Commanditaire et fondateur du Bleun-Brug Inspirateur du projet, enterré sur place.
Jules-Charles Le Bozec - Sculpteur Auteur des sculptures et du Christ.
Job Gevel - Maître-verrier Créateur des vitraux des *sept saints*.
René Bolloré - Industriel Acheteur des ruines en 1925.
Abbé Jégou - Recteur de Scrignac Assassiné pendant la Révolution, gisant présent.

Origine et histoire

La chapelle actuelle de Koat-Keo fut construite en 1937 à Coat-Quéau, dans la commune de Scrignac (Finistère), à l’initiative de l’abbé Jean-Marie Perrot, fondateur du Bleun-Brug, un mouvement catholique breton. Conçue par l’architecte James Bouillé, figure du Parti autonomiste breton et créateur de l’Atelier breton d’art chrétien, elle incarne une synthèse entre modernité et identité bretonne. Son style gothique revisité, son porche ouvert abritant un autel extérieur, et ses décors signés par le sculpteur Jules-Charles Le Bozec et le maître-verrier Job Gevel en font un manifeste architectural militant.

La chapelle remplace un édifice médiéval en ruines depuis la fin du XIXe siècle, dont les pierres furent vendues en 1925 à la famille Bolloré pour construire une chapelle à Cascadec (Scaër). Le site de Coat-Quéau, ancienne trève de Scrignac, abritait une école au XVe siècle et une chapelle entourée d’un enclos paroissial, mentionnée dès 1388. La nouvelle chapelle, consacrée en 1938, devint un symbole du nationalisme breton, notamment après l’assassinat de l’abbé Perrot en 1943, enterré à ses abords.

L’édifice, orienté sud-ouest/nord-est, adopte un plan en forme de tau, avec un porche monumental servant de chapelle extérieure. Une inscription en breton sur le linteau du transept sud commémore le millénaire de la « restauration de la Bretagne » (937–1937). Le calvaire adjacent, seul vestige de l’ancienne chapelle, et les hommages à l’abbé Perrot et au recteur Jégou (tué pendant la Révolution) soulignent son ancrage historique. Classée monument historique en 1997, elle subit un incendie en 2019, endommageant sa toiture et sa partie centrale.

La chapelle de Koat-Keo illustre l’engagement politique et artistique de ses créateurs. James Bouillé, par son style néobreton, cherchait à revitaliser une esthétique bretonne moderne, tandis que l’abbé Perrot en fit un lieu de rassemblement pour le Bleun-Brug. Les vitraux de Job Gevel, représentant les sept saints de Bretagne, et les sculptures de Le Bozec renforcent son caractère identitaire. Son placître, inscrit avec l’édifice, accueille encore des pèlerinages, perpétuant sa vocation communautaire et symbolique.

Le site conserve quelques traces de son passé médiéval : une fontaine et le calvaire du XVIe siècle, témoignant de l’ancien enclos paroissial. Des éléments architecturaux de la chapelle originelle, comme des pierres du clocher, furent réemployés à Cascadec, tandis que des pièces de mobilier sont aujourd’hui exposées au musée départemental breton de Quimper. Ces vestiges rappellent l’importance historique de Coat-Quéau, lieu de dévotion et de mémoire depuis le Moyen Âge.

Liens externes