Frise chronologique
1636
Retable du maître-autel
Retable du maître-autel
1636 (≈ 1636)
Plus ancien retable de Tarentaise.
1633-1680
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1633-1680 (≈ 1657)
Édification en deux phases majeures.
1664
Témoignage de répit
Témoignage de répit
1664 (≈ 1664)
Bébé mort-né baptisé après signe.
12 février 1949
Classement monument historique
Classement monument historique
12 février 1949 (≈ 1949)
Protection officielle du sanctuaire.
1960
Déplacement de la statue païenne
Déplacement de la statue païenne
1960 (≈ 1960)
Fin des dévotions directes à l’idole.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Chapelle Notre-Dame de la Vie : classement par arrêté du 12 février 1949
Personnages clés
| Information non disponible - Aucun personnage nommé dans les sources |
Les textes ne citent aucun acteur spécifique. |
Origine et histoire
La chapelle Notre-Dame-de-la-Vie, située dans la Vallée des Belleville sur la commune déléguée de Saint-Martin-de-Belleville, fut construite entre 1633 et 1680, durant une période où les Pays de Savoie affirmaient leur identité catholique face aux régions protestantes voisines. Ce sanctuaire, classé monument historique depuis 1949, illustre l’art baroque savoyard, marqué par des retables dorés, des sculptures polychromes et une architecture en croix grecque avec un dôme central. Il s’inscrit dans l’itinéraire culturel Les Chemins du Baroque, mettant en lumière le patrimoine religieux alpestre et son rôle dans les communautés montagnardes.
À l’origine, le site abritait une déesse néolithique liée à une source sacrée, christianisée sous le vocable Notre-Dame-de-la-Vie à la fin du Moyen Âge. Au XVIIe siècle, la chapelle devint un sanctuaire à répit, où l’on portait en urgence les enfants mort-nés pour les baptiser après une résurrection miraculeuse. Un procès-verbal de 1664 atteste d’un cas où un bébé aurait ouvert la bouche, permettant son baptême conditionnel. Malgré la réticence du clergé, cette pratique persista jusqu’au XVIIIe siècle, comme en témoignent les peintures murales illustrant des guérisons miraculeuses.
L’architecture de la chapelle reflète son importance symbolique : trois chapelles polygonales rayonnantes, un retable de 1636 (le plus ancien de Tarentaise), et des décors baroques exubérants. Les autorités ecclésiastiques, soucieuses de contrôler les dévotions populaires, déplacèrent en 1960 l’antique statue païenne dans une galerie fermée. Aujourd’hui, le sanctuaire reste un lieu de pèlerinage et fait l’objet de restaurations, notamment pour consolider sa coupole et ses arcs.
Le culte de Notre-Dame-de-la-Vie culmina aux XVIIe et XVIIIe siècles, attirant des milliers de fidèles pour ses eaux réputées miraculeuses. Les femmes y venaient en pèlerinage annuel, comme décrit en 1930, pour s’y laver le visage et les seins avec des draps trempés dans la source. Ce syncrétisme entre traditions païennes et christianisme témoigne de la persistance des croyances populaires en Savoie, malgré les tentatives de l’Église pour les encadrer.