Origine et histoire de la Chapelle Saint-Jean-d'Apileur
La chapelle Saint-Jean-d'Apileur, située à Sainte-Marie en Ille-et-Vilaine, est un édifice religieux dont les parties les plus anciennes remontent à la fin du XIIIe ou au début du XIVe siècle. Elle se distingue par son plan en croix latine, ses trois autels (dont deux en granit) et un retable tabernacle du XVIIe siècle. La chapelle conserve une charpente à poinçons du XIVe siècle, ornée de motifs polychromes (jaune, rouge, noir, blanc) et de mouchetures d'hermine, datés par dendrochronologie entre 1398 et 1407. Son décor peint, découvert lors de restaurations (1985-1990), couvre les murs intérieurs avec des scènes de la vie de saint Jean-Baptiste et des saints en retable, réalisées au début du XVe siècle.
Les sondages de 1986 ont révélé des peintures murales gothiques sur presque tous les murs (nef, chœur, transept), un ensemble rare en Ille-et-Vilaine. La chapelle, entourée d’un ancien cimetière converti en taillis, possède six ouvertures aux meneaux gothiques, bien que ses verrières aient disparu. Son vocable originel, Saint-Jean-d’Espileuc, pourrait remonter à une mention territoriale de 834 (Spiluc), distincte de Saint-Jean-d’Apileur, dénomination bretonne de saint Jean l’Évangéliste. Classée Monument Historique en 1990, elle appartient à la commune et témoigne de l’architecture religieuse médiévale bretonne.
L’édifice illustre l’évolution des chapelles frairiennes (liées à des fréries ou confréries) en Bretagne, souvent dédiées à saint Jean-Baptiste. Sa localisation à la limite de Sainte-Marie et Redon, au sud-ouest de l’Ille-et-Vilaine, reflète son rôle dans les pratiques dévolutionnaires locales. Les modifications ultérieures, comme la réduction du chœur aux XVIIIe-XIXe siècles pour ajouter une sacristie, montrent son adaptation aux besoins liturgiques. Les peintures, par leur style et leur iconographie, offrent un rare exemple d’art mural médiéval en Bretagne, tandis que la charpente, avec ses motifs héraldiques (hermine), souligne les liens avec la duchée bretonne.
Les sources divergent sur sa datation initiale : si Guillotin de Corson et Baneat la situaient au XVIe siècle, les sondages et la dendrochronologie confirment une origine plus ancienne (XIIIe-début XIVe). Cette chapelle, bien que modeste par son architecture (18,90 m de nef, 14,68 m de transepts), se singularise par la richesse de son décor intérieur. Les trois autels, dont un retable en bois polychrome, et les ouvertures à meneaux gothiques, en font un témoin majeur du patrimoine religieux breton, malgré la disparition de ses vitraux d’origine.