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Château à Lurcy-Lévis dans l'Allier

Château

    37 D3
    03320 Lurcy-Lévis
Propriété privée
Crédit photo : 20 en orthographe - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1655
Construction du château
1723
Érection en duché-pairie
1752
Vente à Hardouin-Mansart
1855
Modifications par Isaac Thuret
7 mars 1945
Classement Monument historique
2021
Création de l’association de sauvegarde
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Château avec ses dépendances et ses abords comprenant : la grande cour précédant le château avec ses communs de part et d'autre, la chapelle, les deux pavillons d'entrée, le pigeonnier, le pont, les douves et l'avenue : inscription par arrêté du 7 mars 1945

Personnages clés

Roger de Lévis - Lieutenant général du Bourbonnais Commanditaire du château moderne (XVIIe).
Charles Eugène de Lévis-Charlus - Duc de Lévis Obtient l’érection en duché-pairie (1723).
Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne - Architecte du roi Propriétaire en 1752, victime d’une escroquerie.
Isaac Thuret - Propriétaire et restaurateur Modifie la structure en 1855.
Jean de Menton - Dernier propriétaire privé Acheteur en 2000, abandonne l’entretien.

Origine et histoire

Le château de Lévis, situé à Lurcy-Lévis dans l’Allier, est construit en 1655 sous le règne de Louis XIV. Il remplace un ancien château-fort médiéval nommé Poligny, propriété des seigneurs de Bannegon puis des Lévis depuis le XVe siècle. Son architecture sobre, typique du XVIIe siècle, inclut un corps central flanqué de deux pavillons, une cour d’honneur bordée de dépendances, et une allée d’arbres menant à l’entrée. Le domaine, érigé en marquisat puis en duché-pairie au XVIIIe siècle, reste dans la famille de Lévis jusqu’en 1744.

À l’intérieur, le château conserve des éléments d’origine comme des boiseries, des plafonds à la française, et des cheminées monumentales, dont une en pierre blanche ornée d’une coquille dans le grand salon. Le premier étage, dédié aux réceptions, abrite des salons en enfilade et une bibliothèque. Le deuxième étage, mansardé, est éclairé par des lucarnes à fronton cintré. Un colombier médiéval, vestige du château primitif, subsiste dans la basse-cour. Le domaine est inscrit aux Monuments historiques en 1945 pour son ensemble architectural et paysager.

Le château change plusieurs fois de mains après les Lévis : passé aux Castries, puis à l’architecte Hardouin-Mansart de Sagonne (1752), il est victime d’une escroquerie liée à la vente de ses bois. Au XIXe siècle, il appartient aux Sinéty, qui y installent une manufacture de porcelaine, puis aux Thuret, qui modifient sa structure (ajout du pavillon central et des escaliers en 1855). Après 1970, le château subit des dégradations majeures : pillages, abandons, et projets avortés de transformation en hôtel. Depuis 2021, une association œuvre à sa sauvegarde, avec des fonds publics alloués à la restauration des fenêtres et de la chapelle.

L’histoire du château est marquée par des personnages influents, comme Roger de Lévis, lieutenant général du Bourbonnais, qui entreprend sa construction moderne au XVIIe siècle. Son petit-fils, Charles Eugène de Lévis-Charlus, obtient l’érection du domaine en duché-pairie en 1723, titre éteint à sa mort. Au XVIIIe siècle, le marquis de Castries, futur secrétaire d’État de la Marine, et l’architecte Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, petit-fils de Jules Hardouin-Mansart, laissent leur empreinte sur le lieu. Au XIXe siècle, Isaac Thuret ajoute des éléments décoratifs (blasons, escaliers) et restaure partiellement l’édifice.

Le XXe siècle voit le château tomber en désuétude : racheté par des investisseurs américains dans les années 1970, il est partiellement bétonné et abandonné. Dans les années 1990, les propriétaires Guyot ouvrent brièvement le site au public, avant sa fermeture pour raisons de sécurité. En 2000, Jean de Menton acquiert le domaine mais ne mène pas les travaux nécessaires, entraînant sa dégradation accélérée. Depuis 2018, des initiatives citoyennes (pétitions, associations) tentent de mobiliser pour sa préservation, malgré des obstacles comme le retrait de subventions en 2024.

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