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Château en Charente-Maritime

Charente-Maritime

Château

    2 Route du Château
    17100 au Douhet
Château
Château
Crédit photo : Llann Wé² - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1250
Première mention écrite
1521
Acquisition par Briand de Vallée
1544
Héritage par Nicolas de Vallée
1652
Incendie (source *Monumentum*)
1659
Héritage par Judith de La Rochefoucauld
1686–1688
Persécutions religieuses
1769
Vente à l’abbé de Laage
1800
Rachat par Mathieu Faure
1946
Sauvetage par Damilleville
1969
Première inscription MH
2009
Transformation en copropriété
2023
Nouvel arrêté de protection
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les parties suivantes du château : parc en totalité avec tous ses éléments bâtis, ses systèmes hydrauliques et le sol des parcelles ; façades et toitures du logis, des communs et des dépendances ; ensemble des pièces voûtées des parties communes, situées en soubassement du logis, des communs et de la cour ; situées sur les parcelles n° 63, 64, 67, 68, 70, 72, 74, 75, 76, 77, 81, 109, 110, 111, 112, 113, 114, 115, 116, figurant au cadastre de la commune, section AB, comme il est indiqué sur le plan joint à l'arrêté : inscription par arrêté du 30 mai 2023

Personnages clés

Briand de Vallée - Conseiller au parlement de Bordeaux Premier propriétaire identifié (1521).
Nicolas de Vallée - Seigneur protestant Fils de Briand, chef durant guerres de Religion.
Claude de Vallée - Administratrice du domaine Fille de Judicq, épouse La Rochefoucauld.
Judith de La Rochefoucauld - Héritière persécutée Exilée pour sa foi protestante.
Renaud de Pons de Thors - Époux de Judith Interné puis banni en 1688.
Abbé Pierre-Léonard de Laage - Dernier seigneur Émigré en Espagne après 1789.
Jean-François Parfait Damilleville - Sauveur du château As de la Première Guerre mondiale.

Origine et histoire

Le château du Douhet, mentionné dès 1250, fut acquis en 1521 par Briand de Vallée, conseiller au parlement de Bordeaux, qui en fit une résidence secondaire. À sa mort en 1544, son fils Nicolas, chef protestant pendant les guerres de Religion, en hérita. Le domaine resta dans la famille Vallée jusqu’en 1659, passant notamment par Claude de Vallée, qui l’administra avec succès après la mort prématurée de son époux, Charles de La Rochefoucauld. Les inventaires de 1544, 1658 et 1793 confirment que le corps de logis actuel, malgré des modifications esthétiques (fenêtres, toiture), date bien du XVIe siècle, sans reconstruction majeure.

En 1659, Judith de La Rochefoucauld, héritière du Douhet, épousa Renaud de Pons de Thors après la mort tragique de son premier mari, Charles Poussard de Lignières. Persécutés pour leur foi protestante, Renaud fut interné à Paris (1686–1688) puis banni, tandis que Judith et leur fille Henriette subirent cinq mois d’emprisonnement en 1688 avant leur exil. Le château passa ensuite à leurs descendants, dont Charles-François Boscal de Réals, jusqu’à sa vente en 1769 à l’abbé Pierre-Léonard de Laage, dernier seigneur du Douhet. Confisqué comme bien national après la Révolution, il fut racheté en 1800 par le banquier Mathieu Faure.

Au XXe siècle, l’industriel Jean-François Parfait Damilleville, as de l’aviation pendant la Première Guerre mondiale, acquit le château en 1946 et entreprit 25 années de restauration pour le sauver de la ruine. Transformé en copropriété en 2009 après des travaux d’aménagement en appartements privés, le château conserve des éléments historiques majeurs : une glacière du XVIIIe siècle dans les caves voûtées, un colombier du XVIe siècle (1 916 boulins), et des jardins alimentés par un aqueduc gallo-romain. Les fouilles de 2023 ont révélé des murs et une latrine mentionnés dans l’inventaire de 1658.

L’architecture du château, marquée par un corps de logis en U et un escalier à double révolution, reflète une transition stylistique entre le XVIIe et le XVIIIe siècle. Le pavillon central, couvert d’ardoise, est encadré par deux ailes à toiture basse, tandis que le parc, classé monument historique en 1969, inclut des miroirs d’eau et les vestiges de l’aqueduc. Malgré un incendie mentionné en 1652 par Monumentum (reconstruction achevée en 1678), les archives familiales n’en font pas état, suggérant des modifications plutôt que des destructions totales. Inscrit en 1969 puis révisé en 2023, le site allie patrimoine médiéval, classique et hydraulique.

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