Origine et histoire du Château d'Angervilliers
Le château d'Angervilliers est un petit château en ruine situé dans la commune d'Angervilliers, en Hurepoix, dans le département de l'Essonne en Île-de-France, à trente-six kilomètres au sud-ouest de Paris. Il occupe le centre du bourg, rue du Château, en bordure de la route départementale 838, au cœur d'un vaste parc qui relève du massif forestier d'Angervilliers. L'édifice aurait été construit au XIVe siècle par Élisabeth d'Angervilliers, dame de Fleury en Beauce, qui en fit sa résidence. En 1555, la seigneurie revint à Anne de Pisseleu, duchesse d'Étampes et favorite de François Ier. Les seigneurs du vieux château exerçaient la haute, moyenne et basse justice, mais il ne subsiste aujourd'hui que le pressoir en forme de H ; une partie a été restaurée et abrite des locaux administratifs et culturels. En 1600, Jacques-Auguste de Thou devint propriétaire de la terre d'Angervilliers, puis la transmit à Jacques Bouhier de Beauregard ; l'un de leurs héritiers, Édouard Ollier de Nointel, contribua à l'agrandir notablement. La propriété passa ensuite à Prosper Bauyn, conseiller au Parlement de Paris, qui poursuivit les acquisitions locales, puis à son fils Nicolas-Prosper Bauyn, enfin à Jeanne Bauyn, qui l'apporta par alliance à la famille de Longueil puis à Armand Jean de Rouvroy de Saint-Simon. Après la mort de Jeanne Bauyn en 1761, le domaine changea plusieurs fois de mains : les familles de Fonferrier, d'Etrenneville et Jubert se succédèrent, puis Jean-Louis Julien acheta le domaine en 1788. En 1792, alors que Julien émigra, ses biens furent menacés de vente comme biens nationaux ; revenu sur place, il se suicida et la propriété échut à ses filles, la marquise de Catellan et la comtesse de Gramont. Madame de Catellan était une amie fidèle de Madame de Récamier, qui séjourna fréquemment au château ; plusieurs lettres évoquent ces séjours et ses liens avec Madame de Catellan et Madame de Staël. Du château du XVIIe siècle, entouré d'un parc attribué à Le Nôtre et doté de pièces d'eau alimentées par des aqueducs souterrains, ne subsiste qu'une partie des communs bâtie aux XVIIe et XIXe siècles pour la mairie. Le petit « Château rose » remplaça l'ancien ensemble en 1815, puis les comtes Sapia de Lencia apportèrent d'importantes transformations qui firent disparaître les constructions les plus anciennes. Au début du XXe siècle, un manoir fut élevé par Lazare Weiller à l'emplacement du château primitif ; acquis en 1928 par Arthur Weisweiller et son épouse Betty Deutsch de la Meurthe, ils moururent en déportation et la propriété passa ensuite au baron de Gunzbourg. Pendant l'Occupation, le domaine fut réquisitionné par l'organisation Todt, puis repris par les Américains puis les Français. Par la suite laissé à l'abandon, il appartint à Gustave Leven, des Eaux Perrier et Minérales de France ; il est devenu connu des amateurs d'exploration urbaine sous le nom de « domaine des Trois Colonnes ». En 1983, la commune racheta les communs situés hors du parc pour les restaurer et y installer des locaux destinés à la collectivité. L'orangerie, construite en 1682 en forme de H avec un toit mansardé, accueille aujourd'hui la mairie et la salle polyvalente ; l'ancien colombier seigneurial, placé au centre de la cour des communs, abrite la bibliothèque municipale. La façade de l'orangerie et le colombier ont été inscrits aux monuments historiques par arrêté du 21 octobre 1985. Des restitutions du grand canal (début du XVIIIe siècle) et du petit canal (XVIIIe siècle) témoignent des aménagements hydrauliques anciens du parc.