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Château d'Averton en Mayenne

Mayenne

Château d'Averton

    1 Courdaulin
    53700 Averton

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
vers 1620
Construction du château
1695
Description détaillée
1743
Création du comté d’Averton
1793
Vente du mobilier
1812
Vente à la Bande noire
1842
Destruction finale
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

François de Faudoas - Constructeur et seigneur Protecteur des arts, bâtisseur du château vers 1620.
Renée d'Averton - Ancienne propriétaire Séjournait dans la maison seigneuriale avant 1620.
Scarron - Auteur et comédien Invité par François de Faudoas au XVIIe siècle.
Pierre-Marc-Antoine de Languedor - Comte d’Averton Obtint l’élévation en comté en 1743.
M. Vannier - Dernier acquéreur Acheta et détruisit le château en 1842.
Alexis de Revignan - Capitaine du château Mentionné en 1652 dans les archives.

Origine et histoire

Le château d'Averton, construit vers 1620 par François de Faudoas, était un chef-d’œuvre unique d’architecture grecque en France. Décrit en 1695 comme un édifice somptueux de 34 toises de façade, il comportait un corps de logis entre deux pavillons, des colonnes sur trois étages, des appartements lambrissés et une chapelle. Ses jardins, terrasses et parc clos de 80 arpents complétaient ce domaine exceptionnel, alimenté par des sources et orné de jets d’eau. François de Faudoas, protecteur des arts, y accueillit des figures comme Scarron, soulignant son rôle culturel au XVIIe siècle.

Avant le château, la terre du Bourg d’Averton, vassale du Vieil-Averton, abritait une maison seigneuriale fréquentée par Renée d'Averton entre 1569 et 1612. Le domaine comprenait 19 métairies, des moulins, et la forêt de Pail, source de revenus féodaux (éperons, gants, redevances en nature). Les conflits entre les seigneurs du Bourg et du Vieil-Averton, marqués par des destructions symboliques (comme l’oratoire de Catherine de Coëtivy en 1493) et des querelles juridiques, cessèrent en 1630 lorsque François de Faudoas acquit le Vieil-Averton.

La Révolution française scella le déclin du château : abandonné, il subit l’effondrement de ses couvertures, planchers et menuiseries. En 1793, son mobilier fut vendu comme bien national par le directoire d’Évron, sous protection de la Légion germanique. Au XIXe siècle, le domaine fut démantelé : vendu en 1812 à la Bande noire pour 380 000 francs, puis racheté en 1842 par M. Vannier, ancien régisseur, qui le détruisit pour revendre les matériaux. Aujourd’hui, seuls subsistent des vestiges souterrains, des bassins, et un puits surmonté de trois colonnes.

L’histoire féodale d’Averton est marquée par les tensions entre ses seigneurs et ceux du Vieil-Averton, résolues seulement en 1630. Le Bourg d’Averton, élevé en châtellenie, devint un comté en 1743 sous Pierre-Marc-Antoine de Languedor. Le chartrier familial, comptant 23 000 pièces, fut dispersé au XIXe siècle, bien qu’une partie des archives ait été récupérée par les descendants des Faudoas-Averton. Ces documents éclairent les querelles médiévales et la gestion seigneuriale du domaine.

Les descriptions du XVIIe siècle soulignent la richesse du château : tapisseries mythologiques (comme Persée et Andromède), une bibliothèque aux titres conservés dans une armoire de fer, et une salle des gardes. Alexis de Revignan en était capitaine en 1652. L’avenue menant au château, bordée d’un portail monumental et d’un pont-levis sur l’Aussence, reflétait son prestige. Les gravures du XVIIe siècle, reproduites dans La Maison de Faudoas, restent les seuls témoignages visuels de ce monument disparu.

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