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Château d'Épinac en Saône-et-Loire

Château d'Épinac

  • 1 Rue Emile Zola
  • 71360 Épinac
Rue Emile Zola, 71360 Épinac, France

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1209
Première mention de la seigneurie
1326
Mention d'une maison forte
1396
Extinction de la lignée Monétoy
1430
Acquisition par Nicolas Rolin
1656
Changement de nom en Épinac
1734
Recherches de houille
1794
Confiscation révolutionnaire
XIXe-XXe siècles
Restauration partielle
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Nicolas Rolin - Chancelier de Philippe le Bon Acheteur et reconstructeur du château en 1430.
Hugues de Monétoy - Dernier seigneur de Monétoy Mort à Nicopolis en 1396.
Louis II de Pernes - Seigneur d’Épinac Renomme la seigneurie en 1656.
Gaspard de Clermont-Tonnerre - Maréchal et seigneur Lance les recherches houillères en 1734.
Jules Charles Henri de Clermont-Tonnerre - Dernier seigneur avant la Révolution Guillotiné en 1794, domaine confisqué.
Samuel Blum - Entrepreneur local Sauve les vestiges du château post-Révolution.

Origine et histoire

Le château d'Épinac se dresse sur un plateau surplombant la vallée de la Drée, à proximité du bourg d’Épinac en Saône-et-Loire. De l’édifice originel subsistent deux corps de logis aux combles imposants, formant un angle marqué par une échauguette, ainsi que deux des quatre tours d’origine. Une tour carrée massive, haute de quatre étages, ferme le logis au nord-ouest, tandis qu’une seconde tour, plantée en biais au sud-est, abritait probablement l’entrée et commandait un pont-levis aujourd’hui disparu. Les fossés ont été comblés, mais une partie de l’enceinte polygonale, entourant autrefois terrasses et jardins, reste visible. Propriété privée, le château ne se visite pas.

La seigneurie d’Épinac, autrefois nommée Monétoy ou Monestoy, est attestée dès 1209. Une maison forte y est mentionnée en 1326, avant que la lignée des Monétoy ne s’éteigne en 1396 avec Hugues, mort à la bataille de Nicopolis. En 1430, Nicolas Rolin, chancelier du duc Philippe le Bon, acquiert la terre et entreprend d’importantes reconstructions, marquant le début d’une longue possession par ses descendants. Le château change ensuite de mains par héritages successifs : il passe aux Pernes en 1630, puis à la Maison de Clermont en 1641, avant que Louis II de Pernes ne renomme la seigneurie « Épinac » en 1656.

Au XVIIIe siècle, le maréchal Gaspard de Clermont-Tonnerre lance les premières exploitations houillères sur le domaine, préfigurant l’industrialisation locale avec l’installation d’une verrerie. La Révolution française marque un tournant tragique : en 1794, Jules Charles Henri de Clermont-Tonnerre est guillotiné, entraînant la confiscation, le démembrement et la vente des domaines. Deux tours sont alors détruites, avant que Samuel Blum, entrepreneur local, n’acquière les vestiges et n’arrête leur destruction. Au XXe siècle, le château, divisé en habitations et dégradé, fait l’objet de restaurations partielles.

Les archives révèlent une histoire mouvementée, où le château alterne entre rôle de résidence seigneuriale, enjeu héritier, et symbole des bouleversements économiques et politiques. Son architecture actuelle, bien que fragmentaire, témoigne des transformations successives, depuis les reconstructions médiévales de Nicolas Rolin jusqu’aux adaptations industrielles modernes. Les recherches houillères initiées au XVIIIe siècle illustrent par ailleurs le lien entre patrimoine aristocratique et révolution industrielle en Bourgogne.

La bibliographie disponible, notamment la Notice historique sur Épinac d’E. Lavirotte (1855), souligne l’importance locale de ce monument, classé parmi les châteaux de Saône-et-Loire. Son évolution reflète les dynamiques régionales, entre pouvoir seigneurial, mutations foncières et essor minier, tout en incarnant les défis de préservation d’un patrimoine privé fragmenté.

Liens externes

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