Origine et histoire
Le château d’Escole se dresse sur la commune de Verzé, en Saône-et-Loire, au fond d’une vallée. Son origine remonte au moins au XIe siècle, avec une première mention d’une seigneurie locale. À cette époque, les seigneurs féodaux contrôlaient les terres et les populations environnantes, organisant la vie économique et militaire autour de leurs domaines. Les fortifications, même modestes comme celle d’Escole, servaient de points de contrôle et de refuge pour les paysans en cas de conflit.
Au XVIIe siècle, le château était composé d’une maison basse, d’un colombier circulaire, d’une prison et de dépendances, le tout bâti sur une motte artificielle. Le logis, de plan rectangulaire, comportait un rez-de-chaussée, un étage carré et un comble éclairé par des œils-de-bœuf, sous une toiture à croupes. La porte d’entrée, surmontée d’un fronton cintré, donnait accès à un vestibule. Ce type d’architecture reflétait l’évolution des châteaux, passant de forteresses médiévales à des résidences plus confortables, tout en conservant des éléments défensifs symboliques.
L’histoire du château est marquée par de nombreux changements de propriétaires. En 1366, le fief échoit à la famille Chevrier, puis passe entre les mains de plusieurs familles, dont les Primbois en 1522, les Fustailler en 1531, et les Busseuil en 1560. En 1620, Abraham Vallier acquiert le domaine, alors en très mauvais état. Son fils, Abraham-Thomas Vallier, entreprend une reconstruction en 1671, mais meurt en 1676 avant son achèvement, victime d’un accident sur le chantier. Ces changements de mains illustrent les turbulences politiques et économiques de la région, où les alliances et les héritages façonnaient le destin des seigneuries.
Au XVIIIe siècle, le château passe aux Barjot de La Combe, puis à Pierre-Marie Chappuis de Maubou en 1809. Contrairement à de nombreux édifices similaires, détruits ou abandonnés après la Révolution, Escole survit et se transforme au fil du temps. Aujourd’hui, il est une propriété privée servant de chambre d’hôtes, témoignant d’une adaptation réussie à l’époque contemporaine. Ce type de reconversion permet de préserver le patrimoine tout en lui offrant une nouvelle utilité, évitant ainsi la dégradation ou la disparition.
Le château d’Escole, bien que non ouvert à la visite, reste un exemple caractéristique de l’architecture seigneuriale de Saône-et-Loire. Son colombier, sa motte artificielle et ses éléments du XVIIe siècle en font un monument représentatif des petites seigneuries locales. Ces édifices, moins connus que les grands châteaux royaux, jouaient pourtant un rôle central dans l’organisation territoriale et sociale de la Bourgogne-Franche-Comté, servant de relais de pouvoir et de lieux de vie pour l’aristocratie provinciale.