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Château d'Hauteville en Haute-Savoie

Haute-Savoie

Château d'Hauteville

    266 Route d'Annecy
    74150 Hauteville-sur-Fier

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1300
1400
1800
1900
2000
1135
Fondation du prieuré clunisien
1178
Première mention écrite
début XIIe siècle
Construction du château
1227
Création de l’hôpital
1282
Traité de Versoix
1297
Traité de paix Savoie-Genève
1311
Usufruit à Agnès de Châlons
XVIIIe siècle
Château en ruines
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Comte Amédée II de Genève - Comte de Genève Propriétaire du château au XIIIe siècle.
Agnès de Châlons - Comtesse douairière Reçoit l’usufruit du château en 1311.
Nicod de Hauteville - Seigneur de Hauteville Inféodé du mandement en 1338.
Louis Blondel - Archéologue suisse Décrit les ruines au XXe siècle.
Famille Dufrenoy (Du Fresnoy) - Seigneurs héritiers Propriétaires du château en 1395.
Comte Amédée III de Genève - Comte de Genève Inféode le mandement en 1338.

Origine et histoire

Le château d’Hauteville, édifié au début du XIIe siècle, était un château comtal stratégique situé sur un promontoire à 385 mètres d’altitude, dominant la rive droite du Fier. Il permettait au comte de Genève de contrôler la route entre Annecy et Chambéry via Rumilly, ainsi que le gué (puis pont) franchissant le torrent. Sa position offrait aussi une surveillance de la plaine vers Rumilly, à une lieue de distance. Le site abritait également un bourg avec un second château seigneurial, un prieuré clunisien (dès 1135) et un hôpital pour voyageurs, géré par l’ordre des Hospitaliers vers 1227.

Le château est mentionné pour la première fois en 1178 sous le nom castro de Alta villa, lorsque le comte de Genève prête hommage pour celui-ci à l’abbaye Saint-Maurice d’Agaune. À cette époque, la moitié du domaine semble appartenir à la famille de Hauteville, dont des membres obtiennent au XIIIe siècle la charge de vidomne de Genève. En 1237, ils sont officiellement qualifiés de seigneurs de Hauteville. Le château, situé à la frontière des comtés de Savoie et de Genève, devient un enjeu récurrent entre ces deux maisons, comme en témoignent les traités de 1282 et 1297, où il est échangé ou utilisé comme gage.

Au XIVe siècle, le château passe entre les mains de plusieurs familles nobles par héritage ou mariage, comme les Dufrenoy (1395), les Montluel, ou les Grolée (1570). La châtellenie d’Hauteville, initialement comtale sous les Genève, devient seigneuriale et est inféodée à la famille de Hauteville. Les châtelains, officiers nommés pour gérer le domaine, y perçoivent les revenus fiscaux et entretiennent la forteresse. Dès le XVIIIe siècle, le château est en ruines, et au XXe siècle, l’archéologue Louis Blondel le décrit comme recouvert de lierre et envahi par les buissons.

Le site comprend aussi une chapelle dédiée à saint Nicolas, patron des voyageurs, reflétant son rôle dans le contrôle du passage du Fier. Selon Blondel, Hauteville n’était pas un bourg franc mais un plain-château regroupant deux châteaux, des maisons nobles et une église. La seigneurie, partiellement vendue aux XVIIe et XVIIIe siècles, passe entre les familles d’Asnières, Gantelet, Mouxy et Chabod, avant de décliner définitivement.

La châtellenie d’Hauteville, appelée aussi mandement, trouve probablement son origine dans un ancien domaine royal donné à l’abbaye Saint-Maurice d’Agaune durant le haut Moyen Âge. Elle relève directement du comte de Genève avant de devenir une seigneurie inféodée. Les archives mentionnent plusieurs châtelains, mais leurs noms et périodes exactes ne sont pas tous précisés dans les sources disponibles.

En 1311, le château est remis à Agnès de Châlons, veuve du comte Amédée II de Genève, en usufruit avec une dot garantie par les possessions de Cruseilles et Hauteville. Les conflits entre Savoie et Genève se poursuivent, et en 1338, le mandement est inféodé à Nicod de Hauteville par le comte Amédée III. Le dernier état connu du château, avant sa ruine, date du début du XVIIIe siècle, marquant la fin de son rôle stratégique dans la région.

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