Patrimoine classé
Les parties comprises entre le Cissereau, la rue de la Fontaine, le moulin et enfin la rue de l'Ecrevissière soit les parcelles R 942 et 943 ( douves maçonnées), R 207 (plate-forme et ses constructions), les sols des potagers (R 198,199, 203, 204, 205, 691, 728, 755, 853, 854), les sols du moulin (R 190,191), enfin les façades et toitures des granges et celliers de la basse-cour situés entre le 22 et 32 rue de la Ragadinière (R 108 (cellier), 118, 119, 120, 124, 492, 802, 805) : inscription par arrêté du 31 mars 2014
Personnages clés
| Hélion de Neillac - Seigneur et reconstructeur |
Rebâtit le château après la guerre de Cent Ans. |
| François II de La Rochefoucauld - Seigneur et mécène |
Reconstruit le château au XVIe siècle. |
| François III de La Rochefoucauld - Chef protestant |
Tué lors de la Saint-Barthélemy. |
| Charles de Rostaing - Créateur du comté |
Unit Bury et Onzain en 1642. |
| Voltaire - Invité célèbre |
Reçu au château au XVIIIe siècle. |
| Michel-Jean-Hugues de Péan - Ancien gouverneur du Québec |
Propriétaire avant la Révolution. |
Origine et histoire du Château d'Onzain
Le château d'Onzain trouve ses origines au XIIe siècle, lorsque les seigneurs de Bury, vassaux des comtes de Blois, en font leur résidence secondaire. Une forteresse préexistante, intégrée au système défensif des comtes de Blois contre les comtes d'Anjou au XIe siècle, est mentionnée. En 1276, Guy de Bury est cité comme « sire d'Onzain » dans une charte de l'abbaye de Marmoutier. Pendant la guerre de Cent Ans, la forteresse est occupée par les Anglais de 1358 à 1380, avant d'être reconstruite par Hélion de Neillac, un proche des rois Charles V et Charles VI, qui y ajoute un donjon dont des vestiges subsistent.
Au XVe siècle, le château passe par alliance aux Argenton, puis aux Polignac, qui l’agrandissent et y ajoutent une chapelle. Anne de Polignac, veuve de Charles de Bueil, se remarie à François II de La Rochefoucauld en 1518. Le couple reconstruit le château en conservant le donjon cylindrique et en ajoutant deux ailes en équerre, tout en embellissant l’église locale. Leur fils, François III de La Rochefoucauld, chef protestant, est tué lors du massacre de la Saint-Barthélemy en 1572. Le château, confisqué par Catherine de Médicis en 1562, sert alors de prison au prince de Condé.
En 1642, Charles de Rostaing achète Onzain et l’unit à la seigneurie de Bury pour former le comté de Rostaing. Son fils, François de Rostaing, commande un retable pour l’église. Au XVIIIe siècle, le château change plusieurs fois de mains : il est acquis par le comte de Varax, qui y reçoit Voltaire, puis par Michel-Jean-Hugues de Péan, ancien gouverneur du Québec, avant d’être démoli entre 1823 et 1826. Aujourd’hui, une maison d’hôtes occupe les lieux, au milieu des douves médiévales.
Pendant la Révolution, le château appartient à Eugène-Joseph-Stanislas Foullon d'Ecotier, fils d’un intendant guillotiné, qui échappe à la mort malgré son incarcération à la Conciergerie. Le domaine est finalement saisi en 1816 et morcelé pour créer les communes d’Onzain et Molineuf. Les matériaux de la démolition sont vendus, ne laissant que les douves et une construction du XIXe siècle.
Le château d’Onzain illustre les transformations architecturales et politiques de la région, passant de forteresse médiévale à résidence seigneuriale, puis à prison avant sa destruction. Ses vestiges, dont les douves et des éléments protégés comme Monument Historique depuis 2014, témoignent de son importance dans l’histoire locale et nationale.